AIRS DU TEMPS
Édouard Herriot et la vie musicale à Lyon (1905-1957)

Le Carillon de l’Hôtel de Ville de Lyon

Adresse

1 Place de la Comédie, 69001 Lyon

Création ou construction

11 Novembre 1919 : inauguration par le maître-carillonneur d’Anvers Staf Nees. Il s’agit d’une commande du Conseil municipal remontant à 1914.

Description

Le carillon de l’Hôtel de Ville comporte 29 cloches en 2 octaves chromatiques complétées par l’ancien tétracorde grave. 25 cloches, s’étendant du Mi 3 (cloche de 936 kg) au Mi 5 (cloche de 34 kg) sont fondues, en 1918, par la Maison Burdin, spécialiste à Lyon de ce genre de travaux. Leur poids total est de 5900 kilos. Elles rejoignent les 4 cloches, dont un bourdon de 5 tonnes, sonnant les heures, les quarts et les demies. Ces dernières sont coulées par le fondeur Léonard Dupont entre 1645 et 1675, .
Le clavier des cloches du Carillon de l’Hôtel de Ville est composé de 25 touches manuelles « à coup de poing », les manches de brouettes et complété d’un pédalier classique en bois, de 15 pédales dont 3 directes sur le Bourdon et les 2 basses ; les 12 autres agissant en tirasses sur les 12 premières touches du manuel. Elles sont directement reliées aux battants par câbles et fils de fer abrégés « tuimelaar » typiquement flamand et d’un cylindre construit et mis au point chez le célèbre facteur de carillons Désiré Sommers (1849-1936) de Malines (Belgique). Ce clavier permet de jouer à volonté à la main, comme sur un piano les jours de fêtes ou de solennités n’importe quels airs tandis que le carillon automatique joue de 8 heures du matin à 8 heures du soir, deux airs alternant d’heure en heure.
Ce mécanisme semblable à celui des boîtes à musique installé au 2ème étage du beffroi, juste au-dessous du cadran de l’horloge ne modifie pas le caractère architectural de l’édifice. Seules les vitres sont changées laissant la place à des lames de verre formant abat-jour.
Pour actionner cet instrument, le carillonneur rejoint un réduit en empruntant un interminable escalier raide, étroit, et obscur dont les marches semblent taillées dans le mur.

Genres musicaux représentés dans ce lieu

Les Lyonnais peuvent entendre un concert donné au Carillon de l’Hôtel de Ville à chaque fête de l’Armistice et à chaque 14 juillet ainsi qu’environ 25 concerts annuels. S’ajoutent à cela les concerts accueillant les délégations étrangères et visiteurs officiels.
Les programmes sont variés et peuvent être des pièces pour carillons anciens ou modernes, des adaptations de pièces pour pianos à la demande, des pièces folkloriques de toutes les provinces françaises et étrangères mais aussi des chansons de l’époque comme La Madelon (musique de Camille Robert) ou Vous êtes si jolie (Musique : Paul Delmet).

Carillonneurs

Jean-Louis Debard de 1919 à 1939
Louis Chavand de 1939 à 1952
André Combe de 1952 à 1986

Quel rapport avec Edouard Herriot ?

Lors d’un voyage d’études du Conseil municipal en Belgique, M. Herriot et Rambaud, charmés par les carillons d’Anvers, Bruges et Gand, décident d’ajouter aux quatre grosses cloches (4300 kg, 2100 kg, 1200 kg et 900 kg) qui sonnent les heures, les quarts et les demies un carillon assez complet pour jouer des airs connus. M. Meysson, architecte de la Ville chargé du dossier, découvre 5150 kilos de cloches inutilisées (4300 kilos à l’Eglise St Pierre, 80 à la mairie du 5ème, 65 dans un immeuble de la rue de Sèze, 700 au Grand-Théâtre) qui sont refondues et réutilisées. Il insiste sur la nécessité d’avoir au moins 25 cloches, donnant deux octaves chromatiques. Le coût est estimé à quelques dizaines de mille francs.

Histoire du lieu

Lyon peut se targuer d’être l’une des villes les mieux fournies en Art campanaire. Cette particularité lui vaut le surnom de Ville Sonnante par Rabelais et plus tard celui de Ville aux cent mille cloches. L’influence religieuse en est la principale raison, mais est aidée par la topographie de Lyon, principalement des quartiers rive droite de la Saône et de la Presqu’île qui entre les deux fleuves forment avec les hautes collines de la Croix-Rousse et de Fourvière, une véritable boîte de résonance dont on ne trouve de réplique nulle part. Il faut ajouter à cela le talent des maîtres fondeurs régionaux pour l’exécution de ces pianos aériens.
Outre le carillon du beffroi de l’Hôtel de Ville, les Lyonnais peuvent entendre d’autres carillons, notamment ceux de Fourvière (13 cloches), de Sainte Croix (14 cloches), de Saint-Pierre de Vaise (14 cloches) ; de Saint Paul (11 cloches), de celui de l’Annonciation (10 cloches), de Saint Georges et de Saint Irénée.