Impressions premières
La page en révolution de Gutenberg à 1530

Texte et illustration

28. Speculum humanae salvationis

XVe siècle (copie achevée en 1462)
Manuscrit sur papier de 49 feuillets

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BML, Ms 245 (recueil), f. 129v-130r

Composé au XIVe siècle par un moine dominicain anonyme, le Miroir du salut de l’homme offre un condensé d’histoire biblique destiné à édifier les croyants. Il connut une large diffusion à la fin du Moyen Âge sous forme manuscrite puis imprimée. Le manuscrit présenté se caractérise par une structuration très claire du texte et par l’étroite association de ce dernier à l’image. Chaque colonne correspond à un chapitre qui s’ouvre sur une grande vignette peinte. Le copiste a tiré profit des possibilités de la double page pour mettre en relation des épisodes du Nouveau Testament et de l’Ancien. La Présentation de Jésus au Temple est ici mise en rapport avec l’Arche d’alliance, le chandelier à sept branches – qui était placé dans le Temple de Jérusalem – et la consécration du prophète Samuel à Dieu.

Des éléments de décor du manuscrit sont consultables dans Numelyo et dans la Bibliothèque virtuelle des manuscrits médiévaux.


29. Le mirouer de la rede[m]pcion de lumain lignage translate de latin en francoys selon lintention de la saincte escriture…

Traduit par Julien Macho († vers 1477)
[Lyon : Martin Huss,] 1479
In-folio de 198 feuillets non chiffrés

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BML, Rés Inc 231, f. d4v-d5r

En 1478, Martin Huss publia une version traduite en français et amplifiée du Miroir du salut de l’homme, établie par Julien Macho, frère augustin à Lyon. Le volume exposé appartient à la deuxième édition réalisée dès l’année suivante : il est ouvert aux mêmes passages que le manuscrit précédent (28). On retrouve le lien étroit entre le texte et l’illustration désormais imprimée à l’aide de bois gravés. En revanche, à la différence du manuscrit, les chapitres s’enchaînent directement sans changement de colonne. Cela a une incidence sur l’emplacement des vignettes que l’imprimeur n’a pas pu systématiquement placer en tête des chapitres.


30. Schedel, Hartmann (1440-1514)

Liber Chronicarum
Nuremberg : Anton Koberger pour Sebald Schreyer et Sebastian Kammermeister, 1493
In-folio de 20 feuillets non chiffrés, 299 feuillets chiffrés et 7 feuillets non chiffrés

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BML, Rés Inc 1056, f. 10v-11r

Composé par le médecin et humaniste Hartmann Schedel, le Liber chronicarum, plus connu sous le nom de Chronique de Nuremberg, est resté célèbre pour son illustration abondante et de grande qualité. Les 1804 bois gravés utilisés dans l’ouvrage furent réalisés par Michael Wolgemut (vers 1434-1519) et Wilhelm Pleydenwurff († 1494).
Sur la page de gauche, le texte est soigneusement aligné sur les portraits des patriarches bibliques, ancêtres de Noé et du Christ. Sur la page de droite, un grand bois gravé illustre la construction de l’arche et un arc-en-ciel figure l’alliance que Dieu établit avec les hommes et tous les êtres vivants après le Déluge. Une belle initiale enluminée témoigne, une nouvelle fois, de la persistance des éléments manuscrits dans le livre imprimé à la fin du XVe siècle.


31. Brigitte de Suède (sainte ; vers 1303-1373)

Das Puch der Himlischen Offenbarung [Le livre de la révélation divine, allemand]
Nuremberg : Anton Koberger, 1502
In-folio de 347 feuillets non chiffrés

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BML, SJ A 023/13, f. O3v-O4r

Les révélations que Brigitte de Suède reçut à partir de 1340 furent constituées en recueil en 1377-1380 et publiées pour la première fois en 1492. Cette édition d’Anton Koberger – l’éditeur de la Chronique de Nuremberg (30) – est illustrée de bois gravés souvent attribués à Albrecht Dürer (1471-1528). Si certains d’entre eux occupent une pleine page, la plupart sont de dimensions plus réduites : leur agencement rappelle les retables de la fin du Moyen Âge, composés de plusieurs panneaux. Sur la page qui précède le livre IV, texte et images, disposés autour de la figure centrale de sainte Brigitte, évoquent les tourments de l’Enfer et les peines endurées au Purgatoire.


32. Le premier (le second et le tiers) volume des croniques de france. Nouuellement imprimez a paris

Paris : Jean Maurand pour Antoine Vérard, 1493
In-folio de 3 volumes

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BML, Rés Inc 402, f. 204v-205r
(premier volume, livre consacré à Louis le Simple [Louis IV d’Outre-mer])

Cette édition de luxe des Chroniques de France s’inspire directement des manuscrits princiers du XVe siècle. Réalisée une quinzaine d’années après celle de Pasquier Bonhomme (25), elle comporte une riche illustration. La première page de chaque partie a fait l’objet d’un soin particulier : elle est ornée d’un grand bois gravé et d’un encadrement finement décoré. Le bandeau inférieur comporte un écu vierge dans lequel un ancien propriétaire du livre aurait pu faire peindre ses armes. Les mêmes figures ont été utilisées à plusieurs endroits : elles ne sont donc pas toujours en relation directe avec le texte. Ainsi le début du livre consacré à Louis le Simple (921-954), l’un des derniers rois carolingiens, reprend-il un bois gravé représentant sans doute le roi Charles VIII (1470-1498) comme le laisse penser l’inscription figurant sur le caparaçon du cheval. Cet exemplaire a été imprimé sur vélin et a reçu une belle décoration peinte.

Pour aller plus loin : « Des éditions célèbres » sur le site internet L’aventure du livre, réalisé par la Bibliothèque nationale de France. Une partie est consacrée aux éditions d’Antoine Vérard.


33. [Bouchet, Jean (1476-1557)]

Les Anciennes et modernes genealogies des Roys de France et mesment du roy Pharamond auec leurs Epitaphes et Effigies
Paris : [Enguibert I de Marnef] et Poitiers : Jacques Bouchet, 1527
In-quarto de 154 feuillets

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BML, Rés 322063, f. 151v-152r
(Louis XII)

Les Anciennes et modernes généalogies des rois de France du poète et historien poitevin Jean Bouchet connurent un large succès à la suite de cette première édition. Du légendaire roi Pharamond, ancêtre de Clovis (465-511), jusqu’à Louis XII (1462-1515), l’auteur présente le règne de chaque souverain et lui consacre une épitaphe en vers introduite par un portrait en forme d’effigie funéraire. Chaque portrait est unique et indique le numéro d’ordre dans la succession au trône. Jean Bouchet souligne ainsi l’apport de chaque monarque tout en le plaçant dans une continuité qui témoigne de la permanence et de la force du royaume de France. Imprimée en gothiques bâtardes et utilisant d’assez nombreuses abréviations, cette édition de la fin des années 1520 présente une mise en page claire mais peu novatrice.

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