JACQUELINE SALMON

Perizoniums - études et variations

Perizoniums
2017-2019

Perizoniums. 2017-2019. © Jacqueline Salmon {JPEG}

Perizoniums. 2017-2019.
© Jacqueline Salmon

C’est aux artistes qu’est revenue la responsabilité de figurer la passion du christ et donc d’interpréter les textes, de s’inquiéter de l’Histoire, de prolonger la veine artistique d’un prédécesseur, ou de se fondre dans l’air de leur temps. J’ai Commencé pour l’exposition Drapé de Sylvie Ramond au Musée des Beaux arts. Comme si cet endroit du corps du christ n’avait pas osé être regardé aucun historien de l’art n’avait étudié ce sujet, et je sentais qu’avec la photographie et le cadrage qui lui est intrinsèque je pouvais faire quelque chose qui traverserait à la fois l’épaisseur du temps et les territoires du catholicisme.
J’ai commencé par une étude préparatoire assemblant des reproductions pour constituer des typologies, non pas par périodes, mais par style de drapé. C’est la matière qui m’a permis de constituer des planches inspirées par Aby Warburg, et surtout par le scrapbook de Blossfeld qui dans ses planches botaniques assemble ses photographies de plantes recadrées sur un bourgeon, une feuille, une partie de tige.
Aujourd’hui, je suis allée à Colmar, Bâle, Zurich, Londres, Madrid, Barcelone, Gérone, Lens, Venise, Bruxelles, Gand, Louvain, Avignon, Dieppe, Bruges, Anvers, Rome, Salamanque, Valladolide … et au Louvre bien sûr voir et photographier les œuvres originales. J’ai épluché les collections en ligne des musées américains que je ne pourrai pas visiter. Je consulte des livres sans hésiter à photographier les illustrations. Le projet n’est pas de constituer une archive impossible, il est d’ouvrir le sujet et de le mettre en forme avec suffisamment d’ampleur pour qu’il puisse être un atlas ouvrant un champ de réflexions et d’étonnement. Il témoigne aussi aujourd’hui de la diffusion démultipliée de la connaissance et des images.

Raban Maur
2019

Raban Maur. 2019. © Jacqueline Salmon

Raban Maur. 2019.
© Jacqueline Salmon

Le livre de Raban Maur Louanges à la sainte- croix, était certainement celui que le plus montrer dans cette exposition. Ce manuscrit du 9e siècle symbolisait pour moi la charnière entre peinture et écriture, telle que des artistes du XXe siècles l’on déclinée en pensant l’inventer. La complexité de la conceptualisation de l’ouvrage enjambe les douze siècle qui nous séparent de sa réalisation pour nous laisser émerveillés, mais incapables de la maîtriser.
Il a été impossible de l’exposer ouvert car il venait de l’être à la Bibliothèque Nationale qui rassemblait tous les exemplaires connus dans l’exposition de Jan Dibbets, Make it new. C’est dans cette exposition que j’ai pu faire les photographies.
Selon le protocole strict de la conservation, il lui fallait trois années de repos avant d’être exposé à nouveau. Il est donc là, fermé mais vraiment là, avec sa couverture restaurée telle qu’elle était au moment où il est rentré dans les collections ornée aux armes de son propriétaire.