Marc Michel Rey
Un libraire dans l’Europe des Lumières

Repères biographiques

Marc Michel Rey, fils d’Isaac Rey et de Marguerite Du Seigneur, protestants originaires de Treschenu dans le Diois, est né à Genève en mai 1720. Il fait son apprentissage d’imprimeur à Francfort-sur-le-Main puis à Lausanne chez son parrain Marc Michel Bousquet.

Vue d’Amsterdam

Le 14 janvier 1746, Rey devient citoyen de la ville d’Amsterdam et le 31 janvier de cette même année, il est reçu dans la corporation des libraires. Il épouse, en avril 1747, Elisabeth Bernard (1723-1778), fille du libraire renommé Jean-Frédéric Bernard (1680-1744). De son mariage naissent huit enfants (dont trois morts en bas âge) : Isaac (né en 1748) ; Marguerite Jeanne, née en 1749 et qui épousera le beau-frère de Pierre Rousseau, Charles Weissenbruch ; François Bernard, (1754-1780) ; Suzanne (1762-1777), filleule de Jean-Jacques Rousseau et Julie Elisabeth, née en juillet 1764.

Bénéficiant à la fois de l’appui commercial de Bousquet et du réseau de relations de Jean-Frédéric Bernard, il s’engage dans la production de publications variées. Le premier ouvrage qui porte sa marque, Pensées de Cicéron, paraît en 1746 alors que, dans le même temps, il se lance dans une production d’ouvrages interdits.

Les années 1750 sont marquées par la publication - entre autres - des œuvres de Jean-Baptiste Rousseau, Diderot, Crébillon, Voltaire, La Beaumelle et la reprise dès 1749 du Journal des Savants. Mais la consécration de sa librairie vient de la publication des œuvres de Jean-Jacques Rousseau, notamment le Discours sur l’origine de l’inégalité parmi les hommes (1755), Julie ou La Nouvelle Héloïse (1761) et Du Contrat social (1762).

À partir des années 1760, on assiste à l’explosion du nombre de parutions. Dans le même temps, Rey correspond et échange avec de nombreux libraires* européens, il est en relation avec Rousseau, Voltaire, Diderot, Jacobi et son réseau commercial s’étend de Saint-Pétersbourg à Londres, de Paris à Paramaribo.
Son caractère autoritaire lui vaut de nombreuses inimitiés (Rousseau rompt avec lui en 1774) mais son sens du commerce lui permet de développer une activité de plus en plus florissante : cette prospérité lui permet de mener une vie de grand bourgeois au cœur de la ville d’Amsterdam.

Tandis que des difficultés économiques structurelles ébranlent le monde de la librairie, que la censure en France se fait plus rigoureuse et que les lois protègent l’édition française, Rey se lance avec Pierre Rousseau et son gendre Charles Weissenbruch dans l’aventure de l’Encyclopédie avec la publication des Suppléments. En 1776, il a le projet d’installer une librairie en Russie. Dans le même temps, il entretient de nombreux échanges commerciaux avec son fils Isaac installé dans la colonie hollandaise du Suriname.
Lorsqu’il meurt à Amsterdam le 8 juin 1780, trois jours avant son fils François Bernard qui le secondait dans sa librairie, Rey est un homme riche, respecté et reconnu pour l’ampleur de son réseau comme pour ses choix éditoriaux.


Acte de réception de Marc Michel Rey comme citoyen de la ville d’Amsterdam le 14 janvier 1746

Special collections, University of Amsterdam, Bibliotheek der Vereeniging tot Bevordering van de Belangen des Boekhandels, act of citizen register, 1746 (reproduction)

Acte de réception de Marc Michel Rey comme citoyen de la ville d’Amsterdam le 14 janvier 1746

Acte de réception de Marc Michel Rey dans la corporation des libraires le 31 janvier 1746

Acte de réception de Marc Michel Rey dans la corporation des libraires le 31 janvier 1746

Special collections, University of Amsterdam, Bibliotheek der Vereeniging tot Bevordering van de Belangen des Boekhandels, admissions in the corporation of booksellers, 1746 (reproduction)

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