Image merveilleuse dessinée d’un trait

L’exploration des techniques de l’estampe et leur adaptation à la création contemporaine est à l’origine de la création de l’URDLA, et demeure l’élément central des questionnements qui la traversent aujourd’hui. L’URDLA est née en 1978 de la sauvegarde de presses lithographiques. Fondée sur une imprimerie commerciale (Imprimerie Badier, boulevard Stalingrad, Lyon 6e), elle s’inscrit dans la tradition lyonnaise des éditeurs-imprimeurs (Étienne Dolet, Sébastien Gryphe, Jean de Tournes). Si l’URDLA s’origine de la lithographie, peu à peu taille d’épargne, taille-douce et typographie rejoignent ses compétences. Mais qu’est-ce qu’une technique artistique, et comment se transmet-elle ? C’est à travers le prisme d’un rituel d’initiation aux mystères de l’estampe que se développe l’exposition, en s’intéressant à plusieurs objets ou concepts qui en constituent l’essence, par la confrontation des traités fondateurs de l’estampe avec les interprétations et détournements contemporains de cette technique.

Matrice  : de son entretien avec l’encre et le papier naît l’image ; aussi les recherches sur les matériaux et les manières de graver ou de dessiner ce support à l’impression animent dès l’origine imprimeurs et éditeurs. Si la modernité vient détourner, agir sur la qualité du support, la mécanisation de sa réalisation, le contemporain s’empare de cette question de l’élément zéro, départ d’une suite, interrogeant la valeur même de la matrice.

Accident  : les nombreuses étapes qui commencent par le choix du support, sa préparation, sa gravure ou son dessin, puis le défilé des procédés qui mènent à l’apparition de la « belle image » laissent le champ à l’erreur, à l’accident dont l’image porte la trace. Quant aux feuilles qui ont traversé les siècles jusqu’à nous, qui sont passées de mains en mains, elles portent les traces du temps et de la valeur que leur propriétaire leur accordait. Avant que d’être élevées au rang d’objet précieux, elles accompagnaient le quotidien des amateurs qui n’hésitaient pas à les découper par exemple.

Transparence / Opacité : les logiciels informatiques actuels de traitement de l’image s’originent des techniques les plus archaïques de la gravure. Filtre, layer, il s’agit de superposer et de jouer sur la gamme de la transparence à l’opacité.

Détournement  : chaque trouvaille technique procède du détournement, parfois opératoire au point de donner naissance à une manière nouvelle de réaliser une matrice ou d’imprimer. Les plasticiens de la fin du XXe siècle, et du début de notre siècle interrogent cette pratique étonnante de produire un multiple qui n’est pas une copie, mais la conception dès son origine d’une image qui vivrait à plusieurs exemplaires.

  • Un coup de dés
    Un coup de dés

    Alison Knowles
    1933, New York, U.S.A

  • Madone
    Madone

    Bruno Yvonnet 1957
    Marseille, France

  • Isaac Bernardo
    Isaac Bernardo

    Charlemagne Palestine
    1947, Brooklyn, New York, U.S.A

  • Daß Große Glück
    Daß Große Glück

    Damien Deroubaix
    1972, Lille, France

  • Éclaboussures III
    Éclaboussures III

    Daniel Aulagnier
    1943, Firminy, France

  • Projet pour l'imaginaire VI
    Projet pour l’imaginaire VI

    Jan Berdyszak
    1934, Zawory (Poznan), Pologne

  • Carte des vents Alpes du sud 2011
    Carte des vents Alpes du sud 2011

    Jacqueline Salmon
    1943, Lyon, France

  • Dustpan and Wastebasket
    Dustpan and Wastebasket

    Lilian Ball
    1955, Augusta-Maine, U.S.A

  • Extraction
    Extraction

    Lucie Chaumont
    1976, Médéa, Algérie

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