Rahan, les âges farouches et les vilains

« Potence avec paratonnerre ». L’aphorisme de Georg Christoph Lichtenberg, cité par André Breton dans Anthologie de l’humour noir, pourrait bien s’appliquer à l’entreprise de Peintres et Vilains de Pianzola, comme à celle de l’URDLA. La dimension politique et contestatrice est ici mise en relation avec l’autre aspect essentiel de l’estampe : la diffusion des messages révolutionnaires ou critiques.

L’histoire de l’URDLA est jalonnée de combats et de querelles parfois éthiques ou esthétiques, parfois politiques. La personnalité et les engagements politiques de Max Schoendorff ont résonné dans l’URDLA, l’inscrivant dans cette tradition de défiance du pouvoir. Ces formes de résistance sont à l’œuvre aussi bien dans les pamphlets révolutionnaires, les bandes dessinées éditées par Pif Gadget, les photographies témoignant des graffitis contestataires, que les textes de ÇA PRESSE, publication de l’URDLA.

Comme dans l’ouvrage de Pianzola, il n’est pas question de relater les grands combats de l’histoire, mais de montrer les signes parfois infimes de la contestation, extirpés de l’oubli grâce à leur inscription dans un contexte particulier, celui de l’URDLA ou de la BmL. À l’image du Bundschuh, brodequin à lacet, devenu étendard dérisoire des paysans dans les révoltes du XVIe siècle, l’exposition de ces traces modestes de rébellion constitue une façon de rappeler que les images ne sont jamais innocentes, et nécessitent d’être regardées en combinant la distanciation historique et l’interprétation contemporaine.

La sagesse victorieuse de l'ignorance
La sagesse victorieuse de l'ignorance

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Extrait de Peintres et Vilains de Maurice Pianzola

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