Œuvres exposées

Qajar 1998

Série Qajar | 1998 | Tirages numériques : 40 × 30 cm et 90 × 60 cm {JPEG}

Comment nous voyons-nous aujourd’hui ? Comment voyons-nous les femmes ? La femme d’aujourd’hui, celle d’hier et celle de demain ? Où sont les frontières temporelles ? Et où nous situons nous par rapport à ces frontières ? Voici des visages de femmes du passé, les femmes de l’ère Qajar (1785-1925), de l’ère constitutionnelle (1905-1907), quand est apparu un nouveau style de vie. Mais où les frontières se situentelles ? L’art est-il censé les ignorer, les transgresser ? Dans mon imaginaire, cette géographie temporelle est sens dessus dessous. Pour moi, une femme, une femme iranienne, une femme comme moi, est à la croisée de toutes ces frontières inconnues qui séparent la tradition de la modernité. Ces frontières se déplacent dans le temps. Je porte les vêtements d’hier, et la femme Qajar côtoie les objets contemporains. Pour moi, la réalité, ce n’est pas ce qui se passe dans le monde extérieur. La réalité, cela peut être l’image que je me suis fabriquée de « moi-même » et « des femmes ».

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Like Everyday 2000

Série Like Everyday | 2000 | Tirages numériques : 50 × 50 cm {JPEG}

Dans Like Everyday, je remplace le visage des femmes par les objets domestiques quotidiens qui déterminent la vie des « ménagères professionnelles ». La femme est obligée de se plier aux souhaits et aux désirs des « autres », si bien qu’elle n’a pas de visage en propre à afficher. Mais il suffit de soulever le rideau pour l’apercevoir derrière l’étoffe qui habille la fenêtre. Qui est-elle ? Elle est moi. Une femme.

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Be Colourful 2002

Série Be Colourful | 2002 | Tirages numériques : 90 × 60 cm {JPEG}

Il n’est pas facile d’être une femme ; il est moins facile encore, en Iran, d’être une femme photographe qui travaille sur la condition féminine. Pour donner vie à ses idées, il faut avancer masquée. Le rêve de travailler pour l’amélioration de notre condition se heurte sans cesse au fait même d’être femme. Restrictions et obstacles sont partout. Les contraintes sociales ne sont pourtant pas toujours le reflet de l’opinion publique. Une femme en rouge peut être inacceptable socialement, mais nombreuses sont celles qui remettent en question ces règles tacites et, acte de résistance, mettent des couleurs dans notre vie.

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West by East 2004

Série West by East | 2004 | Tirages numériques : 100 × 70 cm {JPEG}

Quand j’avais cinq ans, mon pays a vécu une importante révolution politique et sociale. Le hijab fut rapidement codifié par la Constitution. Depuis de nombreuses années, en public, dans les médias, les femmes iraniennes ont l’obligation de se couvrir selon une règle plus sévère que celle appliquée aux hommes. De la même manière, les images de femmes dans les magazines étrangers distribués en Iran sont, elles, recouvertes d’encre par les autorités chargées de protéger la population des dangers liés au corps féminin. Lorsque j’ai eu mon diplôme universitaire de photographie, je me suis intéressée à ce type de censure d’un point de vue technique et esthétique. Aujourd’hui, Internet met de l’huile sur le feu. Pour West by East, mon but était donc de porter un regard esthétique sur la censure.

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Ctrl + Alt + Del 2006

Série Ctrl + Alt + Del | 2006 | Tirages numériques : 40 × 60 cm {JPEG}

Elles nous ont transformées. Elles nous ont voilées. Parfois, nous nous cachons derrière elles. Parfois, nous sommes démunies face à elles. Parfois, nous fouillons parmi elles pour retrouver un amour perdu. À travers elles, nous pouvons parfois échapper au « monde réel ». Parfois, il suffit d’un clic pour nous supprimer. Elles nous ont transformées. Elles sont typiques de notre époque, de la femme d’aujourd’hui dans un monde en mutation permanente. Elles nous transforment. Elles nous organisent. Elles nous lisent et nous écrivent. « Elles », ce sont les minuscules icônes de l’ordinateur. Elles définissent la nouvelle manière de voir. Celle dont vous me voyez, moi, une femme d’aujourd’hui.

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White Square 2008

Série White Square | 2008 | Tirages numériques : 75 × 75 cm {JPEG}

Je cherchais un sujet pour ma prochaine série de photographies. Cela me préoccupait depuis longtemps. Telle est ma méthode de travail : réfléchir longtemps au sujet et à la manière dont je vois les images avant de commencer. J’entendais depuis un moment une musique à travers les murs de mon appartement. Je fredonnais machinalement : « Imagine qu’il n’y ait pas de paradis, c’est facile si tu essaies. Pas d’enfer en dessous de nous, au-dessus seulement le ciel. Imagine le monde entier, vivant le moment présent… » C’était John Lennon qui chantait ces vers sublimes. […]

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Nil, Nil2008

Série Nil Nil | 2008 | Tirages numériques : 75 × 75 cm ou 75 × 110 cm ou 110 × 75 cm {JPEG}

[…] J’avais le sentiment que je m’approchais du sujet que je voulais représenter dans mes photographies. Je ne le saisissais pas encore tout à fait. La voisine augmentait le volume comme en réponse à mon hésitation : « Imagine qu’il n’y ait plus de pays, ce n’est pas difficile à faire. Aucun emblème pour lequel tuer ou mourir. Et aucune religion non plus. Imagine le monde entier, vivant dans la paix… » Mon coeur battait de plus en plus fort. Je devais mettre des images sur ces paroles. Cela venait du fond de moi. Je ne pouvais plus attendre, il fallait que je rassemble le matériel pour faire les photos tout de suite. Mais je ne pouvais pas me détacher de la voix : « Imagine aucune possession. Je m’en émerveillerai si tu peux. Plus besoin d’avidité ou de famine. Une fraternité entre homme. Imagine le monde entier partageant la planète entière… »
C’était ce que je me disais depuis de nombreuses années. Je pris mes affaires et me dirigeais vers la porte pour aller vers mon studio. En attendant l’ascenseur je chantais : « Tu te dis peut-être que je suis un rêveur, mais je ne suis pas le seul. J’espère qu’un jour tu nous rejoindras et que le monde entier ne fera qu’un. »

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Nil, Nil (version audio)

Miss Butterfly2011

Série Miss Butterfly | 2011 | Tirages numériques : 70 × 100 cm ou 100 × 70 cm {JPEG}

L’instinct de conservation est peut-être la pulsion la mieux partagée, car sans lui il serait impossible de continuer à vivre. Face à une telle nécessité, existe-t-il un moyen plus efficace d’emprisonner l’âme d’un homme qu’en le menaçant de mort ou en lui promettant la sécurité ? Miss Butterfly est l’histoire d’un réveil douloureux, de la prise de conscience dérangeante qu’un système social, unique garant de la sécurité, de la liberté et, à un certain degré, de l’identité de ses membres, s’est effondré. L’absence de repères et de justice annihile tout optimisme. La peur et la dégradation liées à une telle situation mènent naturellement à l’incertitude et au désespoir, puisqu’il est presque impossible de se projeter dans l’avenir sous un régime despotique. L’espoir, peut-être l’une des ressources psychiques les plus ancrées dans l’individu, est, avec l’instinct de conservation, nécessaire à la survie et à l’évolution. Saura-t-on jamais comment la vie aurait évolué en l’absence d’espoir ? Miss Butterfly raconte comment il faut lutter par tous les moyens pour préserver l’espoir, que ce soit en endurant l’oppression et en luttant contre elle, envers et contre tous les dangers, ou bien en abandonnant ses biens et sa famille pour partir à la recherche d’une terre promise où retrouver des notions aussi essentielles que la sécurité et la confiance en l’avenir.

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Miss butterfly (version audio)

Une trop bruyante solitude2015

Une trop bruyante solitude {JPEG}

Cette installation vidéo est une tranche d’instants, semblable à la photographie, dans laquelle les sujets bougent. C’est l’histoire des hommes que l’on côtoie sans savoir d’où ils viennent et où ils vont. Ils marchent tout simplement. En tant qu’observateurs, nous en sommes témoins et finalement, naturellement, nous nous mettons en marche et les accompagnons.