Tony Garnier… Et maintenant ? - L’oeuvre bâtie de Tony Garnier à Lyon

EXPOSITION DE PHOTOGRAPHIES D’ANNE-SOPHIE CLÉMENÇON

Les bâtiments emblématiques

Tony Garnier a surtout été actif à Lyon, mais pas exclusivement. Son œuvre la plus connue en dehors de l’agglomération est l’hôtel de ville de Boulogne Billancourt, à l’architecture parfaitement maîtrisée, un de ses derniers chantiers. A Lyon, il a beaucoup construit. Le plus frappant est la diversité des projets qu’il réalise et leur ampleur. Ce sont parfois des quartiers entiers, comme les abattoirs de la Mouche, presqu’entièrement détruits, ou bien le vaste hôpital pavillonnaire de Grange blanche, appelé aujourd’hui Edouard Herriot, du nom du maire commanditaire. C’est aussi du logement avec la cité des Etats-Unis pour l’habitat social, ou des villas privées, en particulier le bel ensemble de trois villas sur la même rue du quartier de Saint-Rambert. Il bâti aussi pour les activités sportives, un stade et une piscine, pour l’enseignent, l’école de tissage, pour l’industrie, ainsi que des monuments aux morts. Nous avons retenu ici neuf des bâtiments les plus emblématiques de sa production lyonnaise : la halle Tony Garnier, l’hôpital Edouard Herriot, la cité des Etat-Unis, le stade et la piscine de Gerland, la Vacherie municipale, le lycée La Martinière-Diderot, enfin deux de ses villas, celle de Catherine Garnier et Le Méruzin (appelée aussi villa Gros).

Lettre à Tony Garnier de Le Corbusier, qui vient de découvrir l’ouvrage La cité industrielle, le 14 mai 1919 (Fondation Le Corbusier, extraits de la lettre (E2(3)54)).

Cher Monsieur,
J’ai vu ce matin, pour la première fois, votre ouvrage « LA CITE INDUSTRIELLE ». Je tiens à vous en dire ma profonde admiration. Il s’agit d’un jalon délimitant nettement une période passée et ouvrant tous les espoirs possibles [...]. Votre ouvrage se classe hors de tous autres semblables par son envergure et par le problème total qu’il s’est posé. Jusqu’ici les efforts ont été partiels et analytiques ; vous avez fait de la synthèse et ce qu’il y a de si beau dans ce que vous avez fait, c’est que vous avez exprimé le premier le véritable esprit de notre époque. Vous êtes le premier qui ait réalisé l’entente de l’art avec notre magnifique époque [...]. Dans dix ans, c’est [votre livre] qui sera la base de toute la production et il aura été le premier signe de ralliement. [...] Je souhaite que votre livre devienne bientôt réalité. Vous avez réconforté, par votre travail, ceux qui commençai(en)t réellement à douter de la possibilité de réaliser un jour. [...]