Tu joues ou tu joues pas ?

Exposition Bibliothèque Part-Dieu du 1er décembre 2018 au 16 mars 2019

Tous les genres sont dans le virtuel

On a tous.tes en tête les images de guerriers bodybuildés et de princesses en détresse qui semblent régner sur nos consoles. Le jeu vidéo est-il condamné à être bleu pour les garçons et rose pour les filles ? Ne permet-il pas d’incarner tous les possibles et de s’aventurer dans la peau de celle ou de celui qu’on rêve d’être ?

Comme le cinéma ou la littérature, le jeu vidéo est un art qui fabrique du genre : les définitions du masculin et du féminin y sont sans cesse remises en jeu ! Derrière la console, les plaisirs de jouer sont fluides, multiples et indisciplinés : qu’on soit fille ou garçon, on peut aimer passer des heures à bâtir des villes, conduire des engins fabuleux, combattre des monstres, incarner des créatures aux formes et aux apparences illimitées.

« La moitié des Français.es joue régulièrement aux jeux vidéo »
« Près de la moitié des joueurs sont des joueuses »

SELL (Syndicat des Editeurs de Logiciels de Loisirs, 2018)

Le milieu du jeu vidéo est tout autant traversé par les mécanismes de domination masculine que d’autres pratiques culturelles. Les joueuses, qu’elles soient néophytes ou chevronnées, font trop souvent face aux moqueries, au harcèlement et aux violences sexistes. Dans les studios, les créatrices de jeu tentent de se faire une place, dans un milieu très masculin et hétérosexuel : sans elles, qui pour penser aux plaisirs des joueuses derrière les manettes ? La lutte est loin d’être terminée pour que le gaming ne soit plus une chasse gardée masculine !

« Plus y aura de femmes à participer au développement des jeux vidéo, plus les choses évolueront dans le bon sens en matière de représentation des femmes dans les jeux »

Women in Games France, 2018

Le nombre de joueurs.ses a été multiplié par deux ces 15 dernières années selon les professionnels du jeu vidéo et leur profil a fortement évolué : oui les filles aiment les jeux vidéo, et peuvent élever des chatons sur leur DS comme dézinguer des Orcs sur les réseaux. Quant aux garçons, on en a toujours connu qui passaient des heures à faire flirter leurs Sims… tous genres confondus !

Cette partie de l’exposition vous propose de jouer avec les clichés et de vous interroger à travers des paroles de joueur.ses et des portraits de développeuses, mais aussi des aperçus de personnages et d’univers, qui reflètent un art moins binaire qu’il n’y parait.