Tu joues ou tu joues pas ?

Exposition Bibliothèque Part-Dieu du 1er décembre 2018 au 16 mars 2019

Définition Caillois

Libre

Pour jouer, il faut que tu choisisses de jouer. Si tu te forces pour faire plaisir à d’autres (je suis sûr que tu vois ce que je veux dire), ou que l’on te force, tu vas peut-être tenir des cartes, lancer des dés, mais dans ta tête tu ne seras pas en train de jouer.

Le jeu est une activité libre.

Par exemple… quand pour Noël tu acceptes de jouer au Monopoly alors que tu détestes ça, ou au Trivial Pursuit, tu n’es pas vraiment en train de jouer. Si ?

Séparée

Quand tu commences à jouer, tu sais que ça a commencé. Et quand tu arrêtes de jouer, tu sais que c’est fini. Et tu sais de la même manière où commence l’espace de jeu : plateau, terrain de sport, table, etc.

Le jeu est une activité séparée.

Par exemple… si on te propose de faire de ton travail un jeu, est-ce que le mélange peut fonctionner ? Ou de faire de l’ensemble de ta vie un jeu ?

Incertaine

Quand tu te lances dans un jeu, tu ne sais pas ce qui va se passer et personne ne le sait. Dans le jeu, tu fais des choix et ils ont un impact. Contrairement à un livre ou un film, le déroulement et la fin, ne sont pas écrits à l’avance.

Le jeu est une activité incertaine.

Souvent, l’incertitude concerne la victoire. Mais parfois, comme dans Tetris, tu es certain-e de perdre, l’incertitude est alors déplacée sur le score, la manière dont la partie se déroule.

Par exemple… si tu joues contre quelqu’un de tellement fort que tu es sûr-e de perdre, est-ce que tu joues vraiment ? Ou à l’inverse, si le jeu est tellement facile que tu es certain-e de ce qui va se passer ?

Improductive

Quand tu joues, tu ne produis rien.
Ce qui est inventé, fabriqué, réalisé dans le jeu reste et ne fait sens que dans le jeu.

Le jeu est une activité improductive.

Par exemple… quand tu joues de grosses sommes au poker, ou qu’un match de foot te permet de gagner un (gros) salaire, est-ce que tu joues encore ? Ou est-ce que tu travailles ?

Réglée

Pour jouer, il faut des règles. Elles peuvent être formalisées. Ou pas. Quand des enfants commencent à se disputer en jouant aux Lego et en s’écriant “tu n’as pas le droit”, c’est qu’ils se rendent compte qu’ils et elles n’utilisent pas les mêmes règles. Pour que cela fonctionne, il faut que les règles soient partagées par toutes et tous.

Le jeu est une activité réglée.

Par exemple… quand tu joues aux Playmobil, aux Lego ou à la poupée, est-ce que tu joues tant que tu ne t’es pas donné une règle, une intention, une histoire ?

Fictive

Jouer, c’est pour de faux. Quand tu joues au Monopoly, tu n’achètes pas de maisons et d’hôtels, tu fais semblant. En jouant, on fait toujours un peu semblant, on se plonge dans une fiction. C’est du second degré.

Le jeu est une activité fictive.

Par exemple… quand tu joues en bourse, c’est avec du vrai argent et des vraies sociétés. Est-ce que c’est encore du jeu ? Et à la roulette russe ?

Citations d’Antoine Bauza

Toutes ces caractéristiques théoriques du jeu sont pour la plupart inconscientes chez le joueur, notamment l’improductivité.

En revanche, le ressenti de son caractère fictif et libre est essentiel : le sentiment d’évasion et de bien-être du joueur en dépendent !

- En savoir plus sur Antoine Bauza
- En savoir plus sur Le processus de création du jeu « 7 Wonders »