L’Image

Des entreprises régionales perpétuent la tradition de l’innovation cinématographique

Les Lumière développent une succession d’innovations dans leurs entreprises et forment un terreau propice aux inventions. Vers 1920, Louis Lumière s’intéresse à l’image en relief et met au point la photostéréosynthèse, qui, en superposant 6 images prises suivant des plans parallèles, reconstitue dans l’espace l’apparence de l’objet photographié. L’impression de relief ainsi obtenue préfigure les hologrames. En 1935, Louis Lumière présente son prototype de film en relief à l’Académie des Sciences, un remake de l’ « Arrivée d’un train en gare de La Ciotat ». Basée sur le principe des anaglyphes, la sensation du relief est obtenue en isolant, à l’aide de lunettes bleues et jaunes, les images perçues par chacun des yeux. Le film sort en 1936 et connaît un succès de curiosité mais le port des lunettes freine l’enthousiasme.

A la même époque, Pierre Angénieux établit à Paris (1935) puis à Saint-Héand (Loire), vers Saint-Etienne, une entreprise spécialisée dans la conception et la fabrication d’optiques de précision pour le cinéma et la photographie, qui devient une référence internationale. Fabricant d’objectifs photographiques et cinématographiques, la société Angénieux concentre son activité dans les années 1960 sur deux productions qui font sa réputation : l’optique spatiale et les zooms. Elle équipe ainsi les missions américaines qui diffusent les premières images de la face cachée de la lune puis les premiers pas de l’Homme sur son sol. Devenue Thales Angénieux au 21ème siècle, elle conçoit également de l’optique militaire comme des jumelles de vision nocturne.

En parallèle, l’industrie du cinéma, en plein essor, se préoccupe de combiner le son enregistré et l’image. Les premiers films muets, aux projections souvent accompagnées de sons (bruitages en direct, musiciens d’accompagnement…), ont cédé la place aux films parlants qui connaissent le succès dès la fin des années 1920. Le clap, permettant au monteur d’identifier les bonnes prises et de leur associer le son, prend toute son importance. Dans ce domaine, une industrie grenobloise marque son temps durant les 20ème et 21ème siècles : Aaton.

Fondée en 1971 par Jean-Pierre Beauviala, Aaton est une société pionnière dans la recherche concernant l’image et le son. L’une de ses premières innovations est de coupler la prise de vue et la prise de son. Jusqu’alors, pour que l’une et l’autre soient synchronisées, un magnétophone est relié à la caméra. En les équipant d’un quartz, les deux appareils sont à la même heure : c’est l’invention du « marquage temporel », promis à un long avenir. Ingénieur, électronicien, « poète » de l’image, Jean-Pierre Beauviala sait repérer les besoins et concevoir les techniques nécessaires aux metteurs en scène et aux documentaristes de son temps (Godard, Depardon…). En 1973, c’est dans cette optique qu’il invente une caméra légère, l’Aäton 7A, dite le « chat sur l’épaule ». D’autres innovations suivent et l’entreprise négocie avec réussite le virage du 21ème siècle et du numérique.

Roger Planchon

Planchon, RogerQuelle est ma création ?
1/ « la paluche » (caméra vidéo miniature)
2/ le Rhône-Alpes Cinéma
3/ la pellicule en celluloïd
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Le diaphragme acoustique

Le diaphragme acoustiqueDans le cadre des recherches qu’il mène sur le son, Louis Lumière met au point le tout premier haut-parleur à diaphragme acoustique...

Portraits d’inventeurs

Mozaique des inventeurs

La Photostéréosynthèse donne l’impression du relief par superposition de :
photographies ?
dessins ?
films ?

Le procédé de Photostéréosynthèse, inventé par les frères Lumière, donne l’impression du relief par superposition de photographies. La superposition des positifs tirés des négatifs obtenus, à des distances précises, permet de reconstituer dans l’espace l’apparence de l’objet photographié. Pour le constater, le visiteur doit simplement bien se positionner par rapport à la photographie en stéréosynthèse à regarder.

Photostéréosynthèse

Collections BmL, Fonds national de la Photographie

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1920

Le diaphragme acoustique

Dans le cadre des recherches qu’il mène sur le son, Louis Lumière met au point le tout premier haut-parleur à diaphragme acoustique (brevet déposé en 1908). L’innovation est partie d’une trouvaille simple : alors qu’il frappait le centre d’un éventail ouvert, Louis comprend que les plis constituent un excellent moyen de transmission des sons, le papier jouant ainsi le rôle d’un diaphragme.

Le diaphragme acoustique

COLLECTIONS INSTITUT LUMIERE

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