Arbez-Carme, Marie-Léon

1858-1928

Saint-Claude (Jura), Oyonnax (Ain)

Le celluloïd dans tous ses états

Né dans une famille d’artisans du bois à Saint Claude, Marie-Léon Arbez-Carme est d’abord graveur et sculpteur sur bois dans l’atelier familial (tabatières, pipes), non loin d’Oyonnax et de la future Plastics Vallée. On sait peu de choses de sa formation, sinon que sa curiosité pour les sciences, les techniques et les arts l’amène, comme beaucoup de personnages inventifs des XVIIIe et XIXe siècles, à se former par des lectures, par des rencontres, par des expérimentations, en de nombreux domaines techniques, et par des visites de musées et copies d’œuvres.

Plus spécialisé en électricité, Arbez-Carme rejoint à Oyonnax l’équipe de l’ingénieur Joannes Raclet, formé à la Martinière de Lyon, concepteur et promoteur pendant 20 ans du canal et de la centrale hydroélectrique de Cusset (1894), qui participe à ce moment à la construction du barrage du Saut de Charmine (Ain). Oyonnax, cité du peigne, en matières naturelles jusque là, utilise une toute nouvelle matière plastique, le celluloïd, qui intéresse tout de suite Arbez-Carme. Inventée dans les années 1870 aux Etats-Unis, c’est la première matière plastique artificielle composée de nitrate de cellulose et de camphre. Ses inventeurs américains créent en France la Société Française de Celluloïd en 1875 et ses usages dans la vie quotidienne se multiplient, imitant l’ivoire, l’écaille, l’ambre… Arbez-Carme est un des premiers à proposer un produit de remplacement pour le camphre, mélange de colophane et de naphtalène (Société chimique de France, 1909) à un moment où la matière naturelle, extraite de bois de Chine et du Japon, atteint des prix élevés.

Arbez-Carme s’essaie aussi à toutes les manières de décorer cette matière neutre, par la gravure, la teinture, la peinture. Il présente au côté des autres fabricants d’Oyonnax des objets à l’Exposition universelle de 1900, notamment, et produit en quarante ans plus de 2000 objets qu’il cède à sa mort à la ville d’Oyonnax. Le musée du peigne et de la plasturgie, en projet depuis l’héritage de ces objets, voit le jour cinquante ans plus tard pour retracer l’histoire de ce matériau, à l’origine très inflammable, sans cesse amélioré et toujours aussi présent dans la vie quotidienne.

Pour aller plus loin

  • Arbez-Carme, Marie-Léon (1858-1928)
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