Bonnet, Amédée

1809-1858

Ambérieu-en-Bugey

Le pionnier de la médecine orthopédique

Fils d’un médecin et maire d’Ambérieu (en 1791), Amédée Bonnet est à 17 ans élève du chirurgien-major Gensoul à l’Hôtel Dieu de Lyon, puis poursuit brillamment ses études de médecine à Paris. Major des internes à 19 ans, médaille d’or d’un concours de chirurgie à 22 ans, docteur en médecine l’année suivante, il est à 24 ans reçu premier au concours de chirurgien-major de l’Hôtel-Dieu de Lyon et nommé pour un mandat de douze ans. Chirurgien habile, introducteur à Lyon de l’anesthésie à l’éther inventée à Boston l’année précédente (1846), il est soucieux des infections consécutives aux interventions et utilise la cautérisation. Responsable de 400 lits, il privilégie le traitement des fractures osseuses et des infections articulaires, souvent mortelles jusqu’à ce que les antibiotiques soient utilisés (1945). Pour ne pas pratiquer l’amputation au-dessus de l’articulation infectée, il invente la ponction et l’injection d’iode antiseptique, mais surtout des appareils d’immobilisation, sorte de gouttières en grillage qu’il fait dessiner et réaliser. C’est de lui que vient le principe d’immobilisation d’une articulation lésée.

Ses appareils de « mobilisation » pour rééduquer les articulations guéries, sorte de gouttières articulées que le malade peut commander grâce à des manettes, sont les toutes premières du genre (1850) et inspirent les recherches de son élève, Léopold Ollier qui lui-même chirurgien-major en 1860 se distingue après son maître dans la médecine orthopédique. Amédée Bonnet apprécie l’enseignement, avant même d’être nommé, à l’issue de son mandat de chirurgien-major à 36 ans, professeur de clinique chirurgicale à l’école de médecine de Lyon. Il obtient exceptionnellement de garder la responsabilité de lits à l’Hôtel Dieu, pensant que la vie des hôpitaux est plus utile à l’étude scientifique que la pratique libérale. Léopold Ollier mènera plus loin l’ostéochirurgie, grâce aux traitements des blessures de guerre en 1870, grâce à sa collaboration avec l’école vétérinaire, et surtout vers la fin de sa vie grâce au pionnier de la radiologie à Lyon, Etienne Destot, qui permet au médecin des os de voir enfin à travers la chair.

Pour aller plus loin

  • A lire : Cymes, Michel et Julienne, Marina, Le corps réparé, Paris : Jacob-Duvernet (Guide France info), 2003.
  • Bonnet, Amédée (1809-1858)
    Bonnet, Amédée (1809-1858)