Bourgelat, Claude

1712-1779

Lyon

Le pionnier de la médecine vétérinaire et des pathologies comparées

Fils d’un commerçant et échevin lyonnais, Claude Bourgelat, d’abord avocat, obtient à 28 ans les fonctions d’Écuyer du Roi et de responsable de l’Académie d’équitation de Lyon. Il étudie avec des chirurgiens de l’Hôtel Dieu l’anatomie, la physiologie et les pathologies animales. Collaborateur de L’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert, pour tout ce qui concerne le cheval, l’art équestre et « l’hippiatrique » (l’art de soigner les chevaux), il est un spécialiste reconnu et un auteur traduit en Europe. Son projet d’enseigner la médecine vétérinaire de manière aussi scientifique que la médecine humaine rejoint la préoccupation du pouvoir royal concernant les troupeaux décimés par les maladies, et les famines qui en résultent. Louis XV crée donc la première école vétérinaire au monde en 1761, à Lyon, pour la confier à Claude Bourgelat. Des élèves parcourent les campagnes pour soigner avec succès les troupeaux, pendant que quelques enseignants mènent des observations et expériences sur la rage, le charbon (l’anthrax) et la morve. Travaillant avec les médecins lyonnais, Bourgelat introduit de manière pionnière dans ses écrits la notion de pathologie comparée entre l’homme et l’animal, et celle de contagion.

Au siècle suivant, alors que l’école a été transférée de la Guillotière à Vaise, les médecins fréquentent volontiers le laboratoire bien équipé de l’école vétérinaire et la collaboration se poursuit, même après la création de l’Ecole de médecine en 1877. Les premières explorations cardiaques sont opérées sur des chevaux dans cette école, ainsi que les premières injections sous-cutanées des médicaments (avant l’invention de la seringue par Pravaz). Les professeurs comme Chauveau et Arloing, médecins et vétérinaires, se rangent résolument du côté de Louis Pasteur, contre les « spontanéistes » qui prétendent que la maladie peut arriver sans cause. Les travaux de recherche sur l’immunisation naissent de l’observation des liens entre la vaccine bovine et la variole chez l’homme. La contamination de l’animal à l’homme est également démontrée grâce à leurs travaux sur la tuberculose bovine, en opposition sur ce point aux conclusions de Koch. Et les recherches de Chauveau sur l’anthrax chez les moutons conduisent également à une notion d’anticorps, avant la lettre, que n’avait pas découvert Pasteur.

Pour aller plus loin

  • Bourgelat, Claude (1712-1779)
    Bourgelat, Claude (1712-1779)