Frèrejean, Antoine

1736-1789

Pont-de-Vaux, Saint-Cyr-au-Mont-d’Or

Le pionnier de l’industrie métallurgique lyonnaise

Né dans une famille de forgerons bressans, Antoine Frèrejean devient chaudronnier aux Terreaux à Lyon. Il fait fortune en fournissant la Marine en passementerie métallique et en accessoires de cuivre, au point qu’il obtient à 45 ans le statut envié de bourgeois de Lyon. Il construit avec Jouffroy d’Abbans, dans un atelier de Vaise, le premier bateau à vapeur et à aube de l’histoire (ancêtre des bateaux du Mississipi). Le Pyroscaphe est lancé en Saône le 15 juillet 1783. Ses 46 mètres et 150 tonnes parcourent le trajet entre la cathédrale Saint-Jean et l’Ile-Barbe en 15 minutes.

L’atelier lyonnais d’Antoine Frèrejean, secondé dès les années 1780 par ses fils Georges et Louis, est spécialisé dans le fer et il acquiert une forge pour le cuivre à Vienne. Moyennant un peu d’espionnage industriel dans les forges anglaises, ses fils améliorent la fonderie et le laminage du cuivre, en rendant le matériau plus résistant et plus facilement étirable. Les Frèrejean, avant même la mort du fondateur l’année de la Révolution, sont renommés pour les pièces destinés aux instruments de marine, sextants, longues-vues, astrolabes. Ils fournissent ainsi l’expédition de découverte de La Pérouse (1785-1788) commanditée par Louis XVI.

Leur fortune ne se dément pas, malgré ou plutôt grâce aux conflits armés qui émaillent la période, fondant et forgeant pour les armées, jusqu’à affermer la fonderie de canons de Pont-de-Vaux (Ain). Fondeurs devenus progressivement sidérurgistes par l’achat de mines de charbons et de hauts-fourneaux ligériens, les Frèrejean sont en 1821 la première Société anonyme par actions à Lyon, et au milieu du XIXe siècle la première entreprise sidérurgique française, sous le nom de Compagnie Terrenoire. Producteurs de fonte et de fer, ils deviennent aussi par l’adaptation des techniques anglaises aux conditions de production française, les premiers producteurs d’acier dans les années 1860, jusqu’à la crise financière et industrielle des années 1880 qui met fin à la sidérurgie lyonnaise.

Pour aller plus loin

  • Frèrejean, Antoine (1736-1789)
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