Gillet, Joseph

1843-1925

Bully-lès-Bains (Rhône), Lyon (Rhône)

De la teinture à la soie artificielle

Deuxième génération de teinturiers lyonnais, Joseph Gillet fils du fondateur François, bénéficie, quand il s’y associe en 1864, d’une affaire prospère de teinture en noir de la soie, grâce à l’inventivité de son père. Il existe de nombreuses nuances de noir et de matières à partir desquelles ont peut les obtenir. Gillet innove en utilisant le henné pour créer le Noir impérial, exploite le brevet de teinture au châtaignier d’A. F. Michel et perfectionne les apprêts qui favorisent la teinture uniforme de la soie (« noirs cuits » qui supposent de réussir une « cuite » uniforme de la soie, chauffage à 90 degrés dans un bain de savon gras), que ce soit « en flottes » (écheveaux de fils) ou « en pièces » (déjà tissées).

Joseph Gillet bénéficie aussi d’une formation de chimiste, à la pointe de l’invention avec un long stage dans un laboratoire allemand. Commercialement, il diversifie l’activité en fabricant lui-même les teintures naturelles et artificielles. Il crée ou rachète de nombreuses usines, de La Société des produits chimiques de Lyon Vaise aux usines de Savoie, du Gard, de la Dordogne. L’usine d’Izieux dans la Loire gérée par le frère de Joseph, François, qui en fait un petit domaine industriel et social, doté de son laboratoire de recherche, de sa station hydro-électrique, de ses logements ouvriers et de son école. Cette usine devient à la génération suivante pionnière dans la production de soie artificielle.

Inventée en 1884 par Hilaire de Chardonnet (à partir de cellulose de bois de mûrier), la soie artificielle est exploitée par les frères Gillet qui créent la Société anonyme de la Soie artificielle d’Izieux, ou a lieu la première fabrication. Ils s’assurent, par association et rachats, le monopole de la matière première, du tissage et de la vente. La troisième génération confirme l’importance donnée à la formation et à l’ouverture vers les innovations étrangères lorsque Joseph envoie en stages industriels de par le monde son fils Edmond, qui participera à la création de Rhône-Poulenc dans lequel le Groupe Gillet sera absorbé dans les années 1970.

Pour aller plus loin

  • Source : Bernadette Anglereau, Catherine Pellissier, Les Dynasties lyonnaises : des Morin-Pons aux Mérieux : du XIXe siècle à nos jours, Paris : Perrin, 2003.