Grignard, Victor

1871-1935

Cherbourg, Lyon

Le 3e prix Nobel de Chimie français

Doué en mathématiques, Victor Grignard, issu d’une famille normande modeste, est soutenu par ses professeurs qui convainquent sa famille de le laisser poursuivre des études. Celles-ci le conduisent de Paris à Cluny puis à Lyon. Docteur en sciences de l’Université de Lyon en 1901, sous la direction de Philippe Barbier, alors directeur de l’Ecole Supérieure de Chimie Industrielle, Victor Grignard mène pour sa thèse une étude en chimie organique sur les organo-métalliques (c’est-à-dire les composés chimiques possédant une liaison entre une molécule de carbone et un métal). Il marche ainsi sur les traces de Philippe Barbier, mais aussi de Marcelin Berthelot (1827-1907), célèbre chimiste lyonnais et Professeur au Collège de France, précurseur de la chimie organique et du phénomène de synthèse.

Il découvre un agent de synthèse : les organomagnésiens mixtes (les composés possédant une liaison Carbone-Magnésium) pour lequel il obtient le Prix Nobel de Chimie en 1912, alors même que sa découverte est déjà largement utilisée dans l’industrie. Appelé « réactif de Grignard », le composé agit comme catalyseur dans les réactions chimiques avec d’autres produits (alcools, acides, amines…) et permettent de nombreuses applications dans l’industrie pharmaceutique (notamment l’invention de l’aspirine par Bayer), dans la synthèse des alcools, la fabrication des silicones…

Après avoir enseigné à Nancy puis avoir contribué à la Première Guerre Mondiale par des recherches sur les gaz de combats et les explosifs, il prend en 1919 la direction de l’Ecole supérieure de chimie industrielle de Lyon et devient doyen de la Faculté des sciences de l’Université de Lyon en 1929.

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