Guimet, Jean-Baptiste

1795-1871

Voiron (Isère) – [Fleurieu]

La vie en bleu

Polytechnicien à 17 ans, « Ingénieur des poudres », Jean-Baptiste Guimet épouse en 1825 une femme artiste-peintre qui l’incite à chercher la formule chimique d’un bleu outremer, jusqu’alors onéreux pour les artistes puisque le colorant naturel est produit à partir du lapis-lazuli. La Société d’Encouragement pour l’Industrie lance des concours pour la découverte de colorants artificiels et c’est la course à l’invention, dans le textile notamment. À Lyon sont inventés des noirs, des roses, des bleus, des violets…

Le « bleu Guimet » est primé en 1828 et, face au succès, son inventeur abandonne sa charge de commissaire à la Poudrière de Lyon pour se consacrer à sa manufacture à Fleurieu-sur-Rhône. Cette participation à la révolution industrielle est récompensée en 1834 d’une Médaille d’or à l’Exposition de l’Industrie française à Paris, et d’une Légion d’honneur.

Passant du laboratoire aux affaires, Jean-Baptiste Guimet fait un choix différent des industriels de son temps en étant fidèle à un seul produit et une seule usine, qui assure la fortune familiale jusqu’en 1962.
Contrairement aux autres pionniers, il ne pousse pas son fils vers des études scientifiques. Plus intéressé par la musique et la poésie, Émile reprend pourtant efficacement la direction de l’usine en 1860, en s’entourant de chimistes et de chercheurs. La prospérité de l’entreprise lui permet des voyages en Orient dont il rapporte les trésors artistiques à l’origine de son Musée oriental ouvert à Lyon en 1879. Il finance également le projet de soudière à Salindres (Gard), qui fournira à son usine sulfates et carbonates de soude. La Compagnie des Produits chimiques ainsi créée deviendra Péchiney.

Pour aller plus loin

  • Source : Bernadette Anglereau, Catherine Pellissier, Les Dynasties lyonnaises : des Morin-Pons aux Mérieux : du XIXe siècle à nos jours, Paris : Perrin, 2003.
  •  Guimet, Jean-Baptiste (1795-1871)
    Guimet, Jean-Baptiste (1795-1871)