Jacquard, Joseph-Marie

1752-1834

Lyon, Oullins

L’avènement du métier à tisser automatisé

Fils d’un fabricant textile, Joseph-Marie Jacquard exerce dans les métiers de la soie et de l’imprimerie. Il s’initie seul à la mécanique et met au point un métier à tisser qui grâce à des cartes perforées sélectionne automatiquement les fils de chaîne pour former des motifs tissés. A la mort de son père, Jacquard entreprend de restaurer ses trois métiers « à la tire » et cherche dès 1800 à mécaniser ces mouvements complexes et répétitifs. Un séjour au Conservatoire National des Arts et Métiers parisien, à l’initiative de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale qui lui décerne une Médaille d’or pour l’invention d’une machine à fabriquer des filets de pêche maritime (1804), permet à Jacquard d’étudier les métiers automatiques inventés par Vaucanson.

Dès le milieu du 18e siècle en effet, tous les éléments sont en place pour favoriser la mise au point du métier Jacquard. Basile Bouchon d’abord, et son assistant Jean-Baptiste Falcon, réalisent une carte perforée, puis une chaîne de cartes perforées, pour reproduire un motif dans le tissage de la soie. Vaucanson ensuite, le constructeur d’automates grenoblois, qui se voit confier le poste d’Inspecteur général des Manufactures de soie en 1741, se penche à la fois sur les conditions de travail et la rationalisation des procédés. Il automatise le métier à cartes perforée par un système hydraulique, et invente un système de dévidoirs de fils plus rapide et continu. Ce sont ces métiers, légués au Conservatoire des Arts et Métiers à sa mort, qui inspirent la mise en œuvre de Jacquard.

Le métier a le même succès auprès de Napoléon que les travaux de Vaucanson en avaient eu auprès de Louis XV. En 1805, il reçoit le prix de l’invention de l’Académie de Lyon et sept ans après 11 000 métiers fonctionnent en France, dont un tiers à Lyon. Contesté par les canuts parce qu’il réduit la main d’œuvre auprès des métiers, qui peuvent être servis par un seul tisseur, l’invention s’impose. Le procédé reste la base de la réalisation de motifs complexes, jusque dans le tissage actuel de la fibre optique*.

Pour aller plus loin

  • Site web : Fendler, Jacqueline, « La soie et les fleurs », site Photographes en Rhône-Alpes, Bibliothèque municipale de Lyon, 2012.
  • A lire : Ronze Daviron, Clémence, Controverses d’inventeurs, Lyon : EMCC (Coll. Des hommes qui racontent l’histoire), 2009, p. 32-43.
  • Jacquard, Joseph-Marie (1752-1834)
    Jacquard, Joseph-Marie (1752-1834)