Mieusset, Claude

18..-1927

Lyon (Rhône)

Des véhicules d’incendie au premier moteur à explosion

D’origine probablement savoyarde, Claude Mieusset crée dans en 1867 à Lyon une entreprise spécialisée dans la construction de pompes à incendie. Située rue du Gazomètre à la Guillotière, l’entreprise Mieusset construit des pompes à bras puis des pompes à vapeur tractée par des chevaux, puis des autopompes à moteur, aussi bien pour la ville de Lyon (avant la fourniture par Berliet, dès 1909) que pour l’exportation (Indochine, Chili, Russie…).

De nombreuses motopompes (pompes actionnées par un moteur) et autopompes (véhicules portant la pompe à incendie, le matériel et les pompiers) sortirent des ateliers pour être livrées aux municipalités, aux établissements militaires et industriels. Les papeteries Bergès, par exemple, près de Grenoble acquirent l’autopompe de 1914 conservée au Musée des pompiers de Grand Lyon, qui participa à la lutte contre l’incendie dû à l’explosion du dépôt de munition du polygone d’artillerie en 1918. Le modèle "Villeurbanne", qui peut transporter une douzaine de pompiers, est équipé d’un moteur Mieusset à quatre cylindres, d’une boîte à 4 vitesses qui lui permet d’atteindre les 35 kilomètres/heure, et d’une commande de mise en action de la pompe.

Cette dernière, également de construction Mieusset, débite 750 litres d’eau à la minute et peut alimenter deux grosses lances.
Dès 1880, Mieusset s’est lancé, parallèlement aux véhicules d’incendie, dans l’aventure automobile lyonnaise, aux côté de 150 autres constructeurs et inventeurs. Claude Mieusset construit le premier moteur à explosion du monde à trois cylindres, dont il dote un prototype en 1898, un an avant la construction en Allemagne des modèles plus fiables de Benz d’une part et de Daimler, dont les moteurs seront d’abord exploités en France.

La voiture de plaisance Mieusset de 1898 a encore la forme d’un phaéton hippomobile, à roue avant plus basses, avec moteur à l’arrière, auquel il ne manque que les chevaux. Les voitures Mieusset du début du XIXe siècle, dont un modèle de 1903 exposé au musée Malarte, participent sous la direction de Vincent Mieusset, le fils de Claude, avec un succès croissant à des courses régionales, de vitesse, de côte, de consommation…

Avec le succès des années 1905-1906 et l’augmentation de la puissance de ses moteurs, Mieusset se diversifie dans les camions et les canots à moteur, avant une faillite en 1910 qui pousse la nouvelle entreprise Mieusset Père et Fils à revenir à la production de véhicules d’incendie. La Grande Guerre met un coup d’arrêt à cette entreprise, après le gazage de Vincent Mieusset dans les tranchées, et son décès en 1924.

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