Thimonnier, Barthélemy

1793- 1857

L’Arbresle (Rhône), Amplepuis (Rhône)

L’inventeur de la machine à coudre

Fils d’un teinturier, Barthélémy Thimonnier devient après quelques années d’études au séminaire de Lyon, tailleur. Il exerce à Amblepuis et à Panissières pour enfin s’établir à Saint-Etienne (Loire). Tailleur journalier, marié à une brodeuse, il déplore la lenteur des travaux d’aiguille et cherche à mécaniser la confection pour exécuter plus de commandes. Il achève en 1829 sa première « couseuse » qui permet, par une seule commande au pied, à un crochet de transpercer le tissu, au fil de s’enrouler autour du crochet qui ressort au-dessus pour former un point de chaînette, comme celui des brodeuses. Bien que le « métier à coudre » soit volumineux et coûteux, il réalise, avec un peu de dextérité pour entraîner le tissu, deux cents points à la minute.

Il brevète l’invention en 1830 avec Auguste Ferrand, répétiteur à l’« École des mineurs » (future École des Mines), tandis que le directeur de la même École participe au financement de la maison Germain et Petit, rue de Sèvres à Paris, fondée pour exploiter en exclusivité l’invention, et produire des uniformes militaires (80 « mécaniques »). Quelques mois après, une centaine de tailleurs manifeste sa crainte de la mécanisation en saccageant l’atelier et cassant de nombreuses machines. La Société est dissoute en 1832 à la suite du décès d’un des principaux financeurs. Revenu à Amblepuis, Thimonnier perfectionne encore sa couseuse pour lui faire exécuter des points arrière, puis des points de navette (deux fils) plus solides.
Il brevète en 1847, associé avec un avocat caladois, un « couso-brodeur » et propose des machines à 50 francs qui se vendent mal. Pendant ce temps, deux Américains, Elias Howe et Isaac Merritt Singer déposent le brevet en 1846 d’une « machine à coudre » avec des points de navette, qui les consacre comme inventeurs et fait leur fortune.

Jouant de malchance, et d’un manque chronique de moyens pour promouvoir son invention, Barthélémy Thimonnier envoie sa machine à la première Exposition « Universelle » de Londres en 1851… qui arrive après l’examen du jury, alors que la machine Howe-Singer a concouru avec succès. Si le jury de l’Exposition universelle de Paris (1855) reconnaît que « La machine Thimonnier a servi évidemment de type à toutes les machines à coudre modernes », l’inventeur meurt deux ans plus tard dans le dénuement. Son fils Etienne ouvre à Lyon Vaise un magasin pour commercialiser les machines à coudre Thimonnier qui deviendra une entreprise de machines d’emballage (Saint Germain au Mont d’Or).

Pour aller plus loin

  • Thimonnier, Barthélemy (1793- 1857)
    Thimonnier, Barthélemy (1793- 1857)