Vélocio (Paul de Vivie dit)

1853-1930

Pernes-les-Fontaines (Vaucluse), Saint-Etienne (Loire)

Bicyclette : le promoteur du dérailleur

D’une famille provençale, Paul de Vivie fait ses études dans le Rhône et débute sa vie professionnelle à Lyon, comme courtier en soie dans les années 1870. Rapidement adepte du deux roues et de ses évolutions, nombreuses dans la période, il a l’occasion dans ses déplacements professionnels d’admirer le développement de l’industrie anglaise du cycle. Chargé dans les années 1880 de créer pour son employeur une filiale à Saint Etienne, c’est là qu’il s’implique dans la promotion du cycle. Il y fonde une manufacture de cycles « La Gauloise » (1882), une Agence Générale Vélocipédique (1886), la revue Le Cycliste (1887) et devient secrétaire du Club des cyclistes stéphanois (1882). Il invente la notion et le terme même de « cyclotourisme » et il s’ingénie à trouver une solution technique pour améliorer le développement des bicyclettes, c’est-à-dire le rapport entre la force musculaire et le nombre de mètres parcourus.
Beaucoup de passionnés à ce moment cherchent à démultiplier l’efficacité du pédalier, en travaillant sur le changement de vitesses par engrenage : le futur « dérailleur ». Dans la période, on va trouver un système par retournement de la roue arrière (un pignon de chaque côté) ce qui suppose de s’arrêter et de démonter avant une côte… des systèmes avec deux chaînes, trois chaînes dont on commande l’action par rétropédalage ou avec un levier articulé. En 1906, Vélocio atteint le total de 24 vitesses en combinant sur une machine un moyeu trois vitesses et un système rétro direct à quatre vitesses, montés avec deux pédaliers.
Qu’on attribue l’invention du dérailleur à un anglais en 1889 ou à Jean Loubeyre en 1895 (« The Cyclist » vs « Le Polycélère »), Vélocio joue un rôle décisif dans la « bataille du dérailleur », contre ceux qui prétendent que le système est bon pour les personnes âgées et que la force des muscles vaut mieux que l’artifice mécanique. Il organise des courses pour tester les différents types de « polymultiplication » et des essais comparatifs en montagne, entre le muscle brut et l’intelligence mécanique.
Un des proches de Vélocio, Joanny Panel, qui a lui-même breveté un dérailleur en 1911 engage son « Chemineau » dans le Tour de France en 1912 et n’obtient que l’interdiction du dérailleur en compétition jusqu’en 1937. Mais il élargit la notoriété du système, largement adopté par les cyclo-randonneurs.

Pour aller plus loin

  • Vélocio (Paul de Vivie dit) 1853-1930
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