Dans les marges

image d'illustration de Dans les marges

L'exposition met en valeur des lignes de force de ce fonds singulier à la bibliothèque et en France.

Il n’est pas aisé de rendre compte d’une aventure patrimoniale et politique telle que le fonds Chomarat – qui plus est dans l’espace limité d’une exposition –, tant il se déploie dans de nombreuses directions, sous forme d’amples séries thématiques. Pour certaines d’entre elles, la cohérence a été seulement déterminée par le regard du collectionneur : le fonds est d’abord une œuvre, au sens plein, personnelle et inachevée, à la limite autobiographique et égotique. Du fait même de son principe moteur et de ses ambitions, les lacunes sont inévitables et infinies.

Cependant, il est indéniable que la collection présente une grande unité et une remarquable cohérence, comme le soulignent les huit chapitres de l’exposition Dans les marges, organisés au prisme des hiérarchies sociales, du légitime et de l’illégitime.

Le premier chapitre – « Aux origines du fonds : un notable marginal » – revient sur l’histoire du fonds et sur la trajectoire de Michel Chomarat. Né dans une famille ouvrière lyonnaise, typographe fasciné par l’histoire de la Résistance et l’anarchie, il s’est passionné pour le livre, le patrimoine et l’estampe, tout en faisant entendre sa voix d’activiste, notamment d’activiste gay.

Intitulé « Populaire : vies et formes culturelles oubliées », le deuxième chapitre s’intéresse aux « gens de peu », individus anonymes dont le fonds Chomarat exhume des traces. Elles voisinent avec des objets culturels dévalués : images populaires religieuses, formant un « art sans art » de masse, livres de la « bibliothèque bleue » et almanachs vendus par colportage.

Le troisième chapitre est dédié aux « normes, marges & groupes stigmatisés ». Il montre comment des pans du fonds cartographient un « monde d’injures », s’intéressant à de nombreux groupes stigmatisés et minorisés : aliénés, homosexuels, juifs, prostituées, détenus, franc-maçons, immigrés et étrangers, etc.

Un quatrième chapitre rassemble des documents relatifs aux « pratiques occultes et ésotériques, prédictions et pronostics ». Le fonds Chomarat abrite une documentation unique au monde au sujet de Nostradamus, médecin et prophète. Plus largement, il retrace un grand nombre de pratiques divinatoires, occultes voire sectaires, ainsi que la fascination qu’elles suscitent.

Le cinquième chapitre est consacré aux « jeux », pratique sociale banale, appartenant à l’histoire de l’imprimé et l’imagerie populaire, et proposant des reflets de la société.

Le sixième chapitre propose une traversée du fonds LGBTQI+, point d’orgue du fonds Chomarat, archive tentaculaire des cultures et des expressions des minoritaires sexuels. Il donne à voir les multiples manières dont se sont formés des combats politiques et des espaces de résistance, voire de survie, dans des sociétés hostiles.

Le septième chapitre est dévolu aux chansons. Pratique sociale qui permet à un groupe de se constituer et de s’affirmer, elle condense de vastes intérêts du fonds : les cultures populaires, la fascination pour les marges, le genre et la sexualité, la franc-maçonnerie, etc.

Enfin, par son dernier chapitre « Bataille des murs et des rues », l’exposition donne à voir des affiches, tracts et journaux du fonds Chomarat. À travers cette archive de la dissidence et de la résistance, l’espace public apparaît comme un lieu d’expression, de confrontation et de contestation pour de nombreux groupes et voix minoritaires.Il n’est pas aisé de rendre compte d’une aventure patrimoniale et politique telle que le fonds Chomarat – qui plus est dans l’espace limité d’une exposition –, tant il se déploie dans de nombreuses directions, sous forme d’amples séries thématiques. Pour certaines d’entre elles, la cohérence a été seulement déterminée par le regard du collectionneur : le fonds est d’abord une œuvre, au sens plein, personnelle et inachevée, à la limite autobiographique et égotique. Du fait même de son principe moteur et de ses ambitions, les lacunes sont inévitables et infinies.

Antoine Idier

Voir le site dédié à l’évènement

Public 14
Date de début de l'animation :2022-09-15T09:00:00+02:00
Date de fin de l'animation :2023-01-28T18:00:00+01:00
Type de rendez vous :Exposition