Pasolini

Una vita violenta

40 ans après son assassinat, la Bibliothèque Municipale tenait à rendre hommage à Pier Paolo Pasolini, l’un des plus grands poètes, écrivains, et réalisateurs italiens du XXe siècle.

Exposition
du 29 mars
au 10 août 2016

Personnage aux multiples facettes, il n’a cessé de se questionner et de questionner la société dans laquelle il vivait jusqu’à en mourir tragiquement. Pour répondre à ces différentes interrogations, c’est sa quête d’absolu et de spiritualité qui a été privilégiée dans le cadre de l’exposition intitulée "Pasolini, una vita violenta", qui reprend le titre de son ouvrage publié à Rome en 1959 chez Garzanti.

Se revendiquant comme marxiste, Pasolini voyait néanmoins le monde sous un angle sacré et plusieurs de ses films répondent à cette affirmation notamment "L’Évangile selon Saint-Matthieu", qui obtient le Grand Prix de l’Office Catholique du Cinéma en 1964. A ce titre, la scénographie qui a été retenue, rappelle le chemin de croix de la Passion du Christ en 14 station, car Pasolini, à chaque moment de son existence, n’a cessé d’être poursuivi, vilipendé, injurié, menacé, pour à la fin, être assassiné sur un terrain vague à Ostia. Depuis, comme l’a écrit le philosophe Félix Guattari, "Piétiné dans la boue, son regard d’une extraordinaire lucidité, ne nous a cependant pas quittés...".

Oui, la vie de Pasolini a été violente, très violente. De la mort de son jeune frère Guido, résistant, assassiné en 1945 par des partisans de Tito, à son père Carlo Alberto, acteur du lynchage et de la pendaison à Bologne d’un jeune anarchiste de 15 ans pour avoir attenté à la vie de Mussolini, son existence a été aussi rythmée par les nombreux procès et diverses polémiques qui surgissaient pratiquement à chacun de ses films ou romans. Face à ce climat de violence, sa mère Susanna, sera tout au long de sa vie - de sa naissance à sa mort - la complice apaisante et la confidente toujours aimante ; et ce n’est pas un hasard si elle interprète Marie, la mère du Christ, dans le film "L’Évangile selon Saint-Matthieu", réalisé par son propre fils Pier Paolo... A travers de nombreux documents inédits (livres, revues, affiches, photos...), l’exposition "Pasolini, una vita violenta" tente aujourd’hui d’apporter un nouvel éclairage sur une vie et une œuvre, à la fois exigeantes et complexes, qui continuent à nous questionner et à nous interpeller au quotidien.

Michel Chomarat, Commissaire d’exposition