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Le Body Hacking

L’immortalité, l’espérance de vie augmentée, boire l’élixir de longue vie à la fontaine de Jouvence, l’homme, depuis l’Antiquité, songe pouvoir empêcher le vieillissement voire la mort. Parfois considéré comme les ancêtres du Body Hacking, le pacemaker, l’implant cochléaire ou encore certaines prothèses, telles celles portées par l’athlète Pistorius, l’histoire du Transhumanisme trouve en effet ses racines dans l’Humanisme de la Renaissance à travers les corps sculptés : « sculpter sa propre statue », comme l’affirme Pic de la Mirandole, ou encore « si tu ne vois pas encore ta propre beauté, fais comme le sculpteur d’une statue qui doit devenir belle : il enlève ceci, il gratte cela… De la même manière, toi aussi, enlève tout ce qui est superflu, redresse ce qui est oblique. ».

« Bonjour, je suis un Cyborg ».

Modifier le corps humain, faire de l’homme un Cyborg et gagner en espérance vie, devenir « Superman » ou s’en rapprocher : le mouvement du Transhumanisme lié au Body Hacking commence à prendre de l’ampleur et certaines expériences en médecine le prouvent.
L’homme de demain sera-t-il une espèce modifiée comme nous pouvons en faire l’expérience dans certains jeux vidéo (Stellaris) ou certaines séries télévisées ? Quel est l’éthique de ce mouvement mondial ?

Le Body Hacking, piratage corporel, serait l’amélioration du corps avec l’insertion de dispositifs cybernétiques…

Nous sommes au début d’une révolution du corps humain avec le Body Hacking…le but étant d’augmenter les capacités de l’Homme, de développer de nouveaux sens, en implantant dans le corps des composants artificiels, en mixant biologie et électronique. C’est plus qu’un besoin esthétique, même si le Body Hacking est « à la croisée du hacking et du Transhumanisme » et que « cette tendance s’inscrit dans la logique de modifications corporelles bien établies, comme le tatouage et la chirurgie esthétique ».

Beaucoup de scientifiques, d’artistes sont liés au mouvement Transhumaniste. « Fusionner avec la technologie pour se doter des sens d’autres espèces, c’est devenir une transespèce", affirme Neil Harbisson, et il sait de quoi il parle. En effet, cet artiste Britannique qui a grandi en Catalogne est atteint d’une maladie rare : l’achromatopsie, le fait de voir seulement en noir et blanc. C’est grâce à son parcours d’étudiant en art qu’il rencontre Adam Montandon lors d’une conférence sur la cybernétique et décide de se doter d’un Eyeborg qu’il portera constamment dès 2007 grâce à Peter Kese qui lui développe un modèle lui permettant de percevoir jusqu’à 360 teintes de couleurs différentes à travers des micro-sons et la saturation à travers les différents niveaux de volume. Neil Harbisson est la seule personne au monde qui possède aujourd’hui le statut de Cyborg.

Arrels Barcelona & Neil Harbisson from Poko on Vimeo.

D’autres artistes modifient et expérimentent l’interface directe entre les systèmes informatiques et le système nerveux humain. Nous pouvons penser à Stelarc, « homme augmenté » et artiste performer chypriote qui a participé à l’exposition Artistes & Robots au Grand Palais en 2018, mais encore Orlan ou Matthiew Barney.

La recherche scientifique se confronte aussi à ce phénomène. Un chercheur Britannique, Kevin Warwick, a fait le choix lui aussi de devenir un Cyborg en testant à même son corps des dispositifs informatiques reliés au système nerveux humain.


A Lyon, en 2018, la question du Transhumanisme et de l’évolution de l’Homme s’est déjà posée à travers deux conférences, (Université Lyon 3 en octobre 2018 et Bibliothèque de la Part Dieu en décembre 2018). Ces deux conférences ont questionné les opportunités et les dangers liés au Body Hacking : « Sommes-nous amenés à laisser la place à un nouvel homme ? Un homme mi-humain, mi-machine, un homme amélioré jusqu’à devenir un posthumain ? Comment le transhumanisme se manifeste-t-il dans la société ? Faut-il en avoir peur ou faut-il y voir un monde meilleur, dans lequel l’homme se surpasserait ? ».


Demain sera-t-il fait d’hommes évolués, de cyborgs qui parcourent un monde dénué de « nature » telle que nous la connaissons ? La seule réponse est en l’Homme qui décidera de lui-même de son avenir et de quoi demain sera fait.


Pour vous aider à répondre à ces questions, vous pouvez regarder ces deux vidéos qui abordent notre sujet, Body Hacking...

Conférence de Jacques Testart à la Bibliothèque de la Par Dieu, le 13 décembre 2018.

Conférence d’Hervé Juvin au parlement Européen de Bruxelles, le 31 janvier 2017.



Quelques ouvrages sur le Transhumanisme.

- Le Transhumanisme, faut-il avoir peur de l’avenir ?
- Qui sont les transhumanistes ?
- Le transhumanisme est-il un humanisme ?
- Leurre et malheur du transhumanisme
- Philosophie et idéologies trans-posthumanistes
- Body hacking
- Le transhumanisme c’est quoi ?
- Cerveau augmenté, homme diminué