Jacqueline Salmon en résidence

Présentation

Jacqueline Salmon a pour projet d’accompagner la construction de la bibliothèque de demain à travers son point de vue d’artiste. Elle suivra les travaux de rénovation du Silo prévus jusqu’en 2023 ainsi, et plus généralement les travaux de rénovation de la bibliothèque de la Part-Dieu.

Plus que de documenter ce chantier, il s’agit là de marquer son ampleur par un projet culturel et artistique, qui valorise le Silo dans ses différents aspects : réservoir des collections, lieu de pratique du métier, espace architectural.
Photographiant les différents espaces de la bibliothèque, le travail de résidence de jacqueline Salmon a également pour but de rendre compte des différentes pratiques des usagers, de leur appropriation de cet espace de vie que l’on qualifie de troisième lieu. La place et le rayonnement de la bibliothèque apparait en effet aujourd’hui plus que jamais comme un lieu-ressource dans la cité : espace d’apprentissage des savoirs et point de rencontre et d’échange entre les publics.

«  Mon projet est de réaliser des séries de portraits, par type d’usage : non pas des photographies d’identité même magnifiées, mais plutôt des séquences de comportements ou la position du corps du lecteur de journaux par exemple ou du chercheur ou du visiteur d’expositions, révèlent les différents usages de la bibliothèque.

Dans les collections, je vais rechercher et choisir des ouvrages, sans doute parfois peu connus, parfois des journaux, mais qui de très loin dans le temps font échos aux préoccupations actuelles, tant politiques que scientifiques. Des questions comme le climat, les migrations, l’exclusion, la jeunesse sont centrales aujourd’hui.

Je vais choisir aussi dans le Fonds ancien les ouvrages plus connus des bibliophiles, qui parce qu’ils sont exceptionnels ont une aura internationale. Ce sont ceux qui émettent le plus loin. Moins connus du grand public, il est d’autant plus important d’inviter ces ouvrages, dans un projet qui lui même s’adressera au public le plus large. Ils sont l’épaisseur du temps, porteurs le plus souvent de cette énigme : pourquoi, comment appartenant dans d’autres temps à une élite raffinée, sont-ils arrivés jusque-là, accessibles, présents sous nos yeux, sous les yeux de tous ceux qui en ont la curiosité, témoins de ce chemin d’histoire conduit par la démocratie ?

Puis il y a le chantier, la situation du bâtiment dans la ville, dans le quartier lui-même en chantier et en totale renouvellement avec l’élaboration d’un nouveau projet d’urbanisme. Je ne sais pas encore la forme que prendra ce sujet, il faut qu’il se nourrisse des actions de la SPL et particulièrement des dessins de l’architecte François Decoster du cabinet AUC dont je connais suffisamment les réalisations à Paris et au Havre pour imaginer l’esprit qui sera insufflé et qui aura un fort impact visuel. »

Cette résidence, subventionnée par la Direction régionale des Affaires Culturelles Rhône-Alpes-Auvergne (DRAC), comportera à terme une restitution publique qui prendra la forme de deux expositions : en octobre 2019 et en septembre 2020. Ces deux temps forts seront accompagnés d’un programme d’actions culturelles (ateliers d’éducation artistique pour tous les publics, conférences-débats…) et d’une publication.