La collection jésuite des Fontaines

La Collection jésuite des Fontaines a été déposée à la Bibliothèque municipale de Lyon pour 50 ans, suite à la décision de la Compagnie de Jésus de fermer le Centre Culturel des Fontaines situé à Gouvieux, près de Chantilly (nord de Paris). Elle compte 500000 documents.

L’apocalypse

Octobre - Novembre 2019

Venant du grec ancien apokalupsis signifiant « dévoilement » ou « révélation », l’apocalypse endossa depuis un sens eschatologique, renvoyant à la fin des temps.

L’apocalypse : creuset d’un mot

S’il existe une apocalyptique taoïste aux racines antiques et prégnante dans la culture chinoise, cette notion trouve un essor particulier dans les récits bibliques.
Millénaristes qui voyaient proches le retour de Jésus et la fin des temps, ou opposés à eux comme Saint-Augustin dans son œuvre La Cité de Dieu, depuis les premiers chrétiens l’apocalypse devint une référence pour interpréter les soubresauts de l’histoire humaine. Les artistes-mêmes ne manquèrent pas de la mobiliser : ainsi le peintre Sandro Botticelli dans son tableau intitulé Natività mistica (vers 1500) pour évoquer les troubles suscités par la République florentine de Jérôme Savonarole.

Un tremblement de terre fait croûler la ville par Duvet, Jean, 1485 ?-1570 ? Bibliothèque municipale de Lyon (Rés 21911, f. 27)

De l’apocalypse à l’effondrement

Avec la sécularisation, cette lecture de l’histoire se trouve contestée, à l’instar de Voltaire qui vit dans un tremblement de terre à Lisbonne – catastrophe naturelle par excellence – non pas une illustration mais une objection de taille à la providence divine. Si le siècle suivant fut celui de l’expansion de l’idée d’un Progrès continu des sciences et des techniques, les effets de ses applications industrielles, puis les grandes tueries de masse du XXe siècle ou les destructions environnementales, inspirèrent nouveaux thèmes apocalyptiques et analyses critiques. Il en va ainsi du philosophe Gunther Anders, reprenant le terme d’apocalypse pour désigner l’anéantissement de l’humanité par elle-même.

A l’heure des préoccupations environnementales et de la perspective évoquée d’un effondrement, la collection jésuite des Fontaines témoigne d’un intérêt soutenu et varié pour les catastrophes et leurs analyses apocalyptiques, religieuses et séculières, qu’illustre la bibliographie suivante.

Cette exposition prolonge la bibliothèque éphémère sise dans le hall d’accueil du 2e étage.


Ouvrages présentés

- R. P. E. Gherzi, s. j., Le tremblement de terre de Kan-Sou (Chine) : 16 décembre 1920, 1921
SJ T 403/23,1
- R. Guénon, Le règne de la quantité et les signes des temps, 1945
SJ R 047/12
- L. Bloy, La porte des humbles : pour faire suite "Au seuil de l’apocalypse" : 1915-1917, 1920
SJ B 639/28
- Une Apocalypse taoïste du Ve siècle : le "Livre des incantations
divines des grottes abyssales
, 1968
SJ R 208/118
- A. Vauchez (dir.), Fin du monde et signes des temps : visionnaires
et prophètes en France méridionale, fin XIIIe-début XVe siècle
, 1992
SJ H 472/327
- Relation du tremblement de terre arrivé à Lisbonne en Portugal,
le premier novembre 1755
, 1755
SJ H 328/5, 15
- H.-G. Goertz, Thomas Müntzer : Mystiker, Apokalyptiker, Revolutionär, 1989
SJ CS 300/14
- R. Duguet, Autour de la tiare... : essai sur les prophéties concernant
la succession des papes du XIIIe siècle à la fin des temps
, 1938
SJ H 166/28


Sylvain Chomienne
bibliothécaire