La collection jésuite des Fontaines

La Collection jésuite des Fontaines a été déposée à la Bibliothèque municipale de Lyon pour 50 ans, suite à la décision de la Compagnie de Jésus de fermer le Centre Culturel des Fontaines situé à Gouvieux, près de Chantilly (nord de Paris). Elle compte 500 000 documents.

D’un continent à l’autre

Bien dans l’esprit du rôle missionnaire que développa très tôt la Compagnie de Jésus, la collection accorde une place privilégiée aux relations de voyages qui ont fourni au fil des siècles et des éditions de superbes illustrations.

Cartes et plans le disputent à de pittoresques gravures où sont représentées, avec toute l’imagination de jadis, les animaux sauvages, la flore exotique et les curiosités naturelles.

Beaucoup de ces récits de voyages ou d’expéditions lointaines nous renseignent sur certains peuples aujourd’hui disparus.

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Carte très curieuse de la mer du sud in Atlas historique de Henri Chatelain 7 t., Amsterdam, 1708 (ID 100/126 à 132)
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Description de l’Afrique, tierce partie du monde par Jean Léon l’Africain Lyon, 1556 (G 500/30)

Géographe arabe du XVIème siècle, né à Grenade vers 1496, de son vrai nom Alhasan edn Mohammed el Ouezaz le Facy, étudie à Fez, voyage en Afrique dès l’âge de 16 ans, traverse l’Atlas, le Sahara, l’Arabie, la Perse, l’Arménie et l’Egypte.

Capturé par des corsaires chrétiens, mené à Rome, il est offert au pape Léon X qui le prend sous sa protection, le fait instruire dans la foi chrétienne, devient son parrain et lui donne ses deux noms. C’est à la demande du pontife, qu’il traduit d’arabe en italien sa Description de l’Afrique dont il portait sur lui le manuscrit original lors de sa capture. Ce livre restera pendant des siècles l’ouvrage de référence sur les mœurs, la géographie, l’histoire naturelle des pays qu’il décrit.

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L’art de fumer le tabac in Voyages de M. Le Chevalier Chardin en Perse, et autres lieux de l’Orient 10 t., Amsterdam, 1711 (G 405/11 à 20)

Fils d’un orfèvre parisien qui l’envoie en Orient dès l’âge de 22 ans pour vendre des bijoux et acheter des pierreries, le jeune Jean Chardin séjourne six ans en Perse, visite les ruines de Persépolis, apprend le turc, l’arabe et le persan, étudie les mœurs et les coutumes locales et revient en France, fortune faite, en 1670.

Dès l’année suivante il reprend la mer pour d’autres voyages en Orient. Calviniste, il quitte le royaume pour entrer à la Compagnie anglaise des Indes qu’il va représenter auprès des autorités hollandaises jusqu’à sa mort, en 1713.

Chardin a fait paraître en 1686 son journal de voyage, un classique du genre, plusieurs fois réédité, qui eut une grande influence sur l’imagination des écrivains du XVIIIème siècle.

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Chantier hors d’Archangel et Un Samojeed in Voyage de Corneille Le Brun par la Moscovie, en Perse et aux Indes orientales 2 t., Amsterdam, 1718 (G 425/1 et 2)

Né à la Haye, de son vrai nom Cornelis Le Bruyn, passionné par les voyages, doté d’un beau coup de crayon, initié à la peinture en terre italienne, Le Brun multiplie les expéditions lointaines. Les récits de voyage qui en découlent, connaissent un beau succès de librairie.

En mai 1701, il entreprend un nouveau périple qui le conduit de Russie en Perse, à Ceylan et jusque dans les îles asiatiques. Il lui faudra trois ans pour en rédiger le compte-rendu, dans lequel le texte se mêle à de superbes illustrations également de sa main.

Les gravures ici présentées évoquent son séjour parmi les Samojeed (ou Samoyèdes), peuple nomade de Sibérie et de Russie septentrionale.

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Village fortifié des Tupinambas in Le Brésil ou histoire, mœurs, usages et coutumes des habitans de ce royaume par Hippolyte Taunay et Ferdinand Denis 6 t., Paris, 1822 (IG 551/251)

Cet ouvrage est dû à la collaboration entre un jeune auteur dramatique, répétiteur à l’Ecole Polytechnique : Thomas-Marie-Hippolyte Taunay, et un jeune diplomate devenu romancier, grand amateur de voyages, qui visite le Brésil en 1816 : Ferdinand-Jean Denis.

Le premier fut bibliothécaire et le second conservateur à la Bibliothèque Sainte-Geneviève de Paris.

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Le Capitaine Stedman fait écorcher le Serpent après l’avoir blessé in Voyage à Surinam et dans l’intérieur de la Guiane de Jean-Gabriel Stedman Paris, an VIII (G 609/204)

Cet officier de l’armée hollandaise, originaire d’Ecosse, participe comme capitaine à l’expédition envoyée en 1772 au Surinam, ou Guyane néerlandaise, pour mâter une révolte indigène. Il s’y éprend d’une belle mulâtre, Johanna, qui lui donne un fils mais refuse de le suivre en Europe après la pacification de la colonie, en 1777.

Rentré dans la vie civile, Stedman meurt en 1797 après avoir publié la relation de son voyage où il emmène son lecteur fort en plein cœur des terres guyanaises.

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Panorama du Rhin depuis Mayence jusqu’à Cologne par M.F.G. Delkeskamp Francfort, s.d. (G 800/154)
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Zecora quadrupes pulcherrima [Zèbre] in Historiam Æthiopicam par Job Ludolfus 2 t., Francfort, 1691 (IG 403/503)

Diplomate hollandais en poste à Paris puis à Rome, Job Ludolf ou Ludolfus, orientaliste polyglotte, se passionne pour les mœurs et la langue des Abyssins. Il écrit de nombreux ouvrages dans sa retraite de Francfort où il meurt, octogénaire, en avril 1704, parlant à la fin de sa vie vingt-cinq langues.

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Carte de la France divisée en 83 départements par Louis Brion Paris, 1791 (G 800/101)

Il s’agit de l’une des toutes premières cartes du Royaume de France tout nouvellement divisé en départements.

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Pharan desertum in Theatrum terræ sanctæ par Christian Adrichomius Cologne, 1590 (AR 1/110)

Ecclésiastique hollandais né en 1533 et en charge de la direction des religieuses de Sainte Barbe jusqu’aux Guerres de religion qui l’obligent à fuir sa patrie, Christian Adrichomius, mort en 1585, est l’auteur de cet ouvrage posthume, véritable chef-d’œuvre pour l’époque, qui regroupe à la fois une géographie de la Terre Sainte (restée longtemps estimée), une description de Jérusalem et une chronique depuis le commencement du monde jusqu’à la mort de Saint Jean l’Evangéliste.