La documentation régionale

Pour tout savoir sur Lyon, la Métropole et la Région, dans tous ses aspects, histoire et actualité, patrimoine et nature...

Fantaxique dépôt légal !

Du 16 mai au 4 novembre 2017, la Bibliothèque vous propose une exposition consacrée à la bande dessinée des années 1940 à aujourd’hui, mettant en lumière les fameuses éditions lyonnaises. Sur les 290 documents exposés, 53 viennent directement du dépôt légal imprimeur, qui a contribué à cette exposition sur la période 1943-1972.

Sur certaines couvertures de bandes dessinées de l’exposition intitulée Vlan !, vous verrez en haut, à droite, la mention IMP. LYON suivie d’une année et d’un numéro. Cette trace est celle du composteur du service du dépôt légal imprimeur.

Fantax, 1946. Editions Pierre Mouchot. Fonds dépôt légal.

Entre 1943 et 1972, Desfossés-Néogravure, Molière, Bellecour et Hélio-Bellecour imprimeurs à Lyon, Ramboz à Villeurbanne, Martel à Givors, ont déposé à la Bibliothèque différents genres de bandes dessinées : romance, espionnage, westerns, guerre, cape et épée, jeunesse, aventure, fantastique, super héros… Cet ensemble représente 250 titres, 25 mètres linéaires au silo du Dépôt légal, au 12ème étage. Les formats sont aussi divers que les thématiques : de type A4 comme Robin des bois, Nagor, un format carré de 11,5 cm de côté, ou encore Tom’X, d’une dimension inhabituelle de 42 par 28,5cm. Certaines ont la couverture en couleur et les planches en noir et blanc.

Escapade n° 1, 1963 – Edi-Europ – Fonds Dépôt légal

En voici quelques exemples :
- Fantax magazine. Police, mystère, aventure
- Les aventures en images
- Au temps où les fleurs parlaient (Coll. « Les aventures fantastiques ». Série « Filles)
- Bunny. Mensuel comique
- Capitaine Marvel
- Capucine : journal pour jeunes filles et petits garçons
- Comic burlesc
- Services spéciaux
- Robin des bois
- Yak
- Voyages fantastiques de Sosthène Vazimou
- Jim Ouragan

Pourquoi le Dépôt légal ?

Les documents suivent divers chemins pour arriver à la Bibliothèque, dont le plus courant est aujourd’hui l’achat auprès de fournisseurs retenus lors des appels d’offres. Mais l’achat implique qu’un bibliothécaire ait eu connaissance de l’existence d’un document, ait le budget correspondant, et qu’il l’ait jugé digne de figurer dans ses collections.

West Romance n°1, 1959 – Editions S.E.R. – Fonds Dépôt légal

Pour remédier à ces défaillances, François 1er a fondé le dépôt légal par l’ordonnance de Montpellier du 28 décembre 1537, dont voici un extrait :

Nous avons délibéré de faire retirer, mettre et assembler en notre librairie toutes les œuvres dignes d’être vues, qui ont été et qui seront faites, compilées, amplifiées, corrigées et amendées de notre temps pour avoir recours aux dits livres, si, de fortune, ils étaient ci-après perdus de la mémoire des hommes...

Si le dépôt légal avait une mission de contrôle politique, il avait déjà aussi, en 1537, une valeur culturelle. La puissance du contrôle a évolué au fil des différents gouvernements, mais la valeur culturelle demeure : le dépôt légal est notre mémoire collective.

Au fur et à mesure de l’émergence de nouveaux types de documents, de nouvelles procédures de dépôt ont été définies.

Faisons un bond de quatre siècles : la loi du 21 juin 1943, toujours en vigueur aujourd’hui, instaure une collecte partagée du dépôt légal des imprimés afin d’en améliorer les performances : les éditeurs déposent à la Bibliothèque Nationale, les imprimeurs d’un ensemble de départements – qui préfigurent les futures régions – déposent dans une bibliothèque « régionale », dont celle de Lyon (1). Cette organisation n’est valable qu’en métropole car il faut attendre 1992 pour que l’outremer soit impliqué.

Sandor n°25, 1967 – Imperia & Co – Fonds Dépôt légal

Encore faut-il qu’il y ait des bibliothécaires dans les bibliothèques régionales pour s’assurer que les imprimeurs déposent bien, inventorier les documents et les mettre en conservation. L’arrêté du 16 décembre 1996 modifié par celui du 20 septembre 2006 définit les droits et les devoirs des bibliothèques régionales. Vingt-six, dont Lyon, signent une convention avec la Bibliothèque Nationale de France, qui met ses moyens scientifiques à leur disposition et leur accorde une subvention dont elles doivent justifier l’emploi chaque année.

Les documents du dépôt légal constituent un fonds d’Etat. La Bibliothèque ne peut en disposer comme elle le veut, en les éliminant par exemple.

Evidemment, le dépôt n’est pas exhaustif et les bibliothécaires relancent, avec plus ou moins de succès, leurs imprimeurs. Evidemment, tous les documents depuis 1943 n’ont pas été inventoriés.

Alain la Foudre, 1946 – Editions Victoire – Fonds Dépôt légal

Ces impressions lyonnaises ont donc eu une double chance : leurs imprimeurs les ont bien déposées et l’équipe du dépôt légal est allée les rechercher au 12e étage du silo pour les inventorier. Une triple chance, en fait, car quoi que non totalement inventoriées, les bandes dessinées lyonnaises étaient bien conservées, même si leur papier, de très mauvaise qualité, est très fragile.

(1)Il s’agit du département de l’Ain, l’Ardèche, la Drôme, l’Isère, la Loire, Le Rhône, la Savoie et la Haute-Savoie. Les nouvelles régions n’ont rien changé de ce périmètre.

Pour en savoir plus
- Le dépôt légal : son sens et son évolution par Marie-Thérèse Dougnac
- Les pôles associés du dépôt légal