La documentation régionale

Pour tout savoir sur Lyon, la Métropole et la Région, dans tous ses aspects, histoire et actualité, patrimoine et nature...

Le mystère des muses de l’Opéra de Lyon

Brêves de Guichet : merci de l’avoir posée !

Les muses de l’Opéra de Lyon comptent parmi les questions récurrentes du Guichet du Savoir. La dernière (?) date du 22 septembre 2014 :
Il y a 8 statues sur le fronton de l’Opéra de Lyon qui représentent les muses... qui sont 9. On raconte que la 9e muse (Uranie) avait été installée sur une colonne, place des Cordeliers. Puis la colonne détruite, abandonnée. Est-ce exact ? Pourquoi cette muse a-t’elle été ainsi placée à part sur cette colonne ?

Les réponses déjà données permettent de connaître leurs noms, l’identité de la muse manquante ou leur matériau et listent les sources de référence sur ce sujet.

Un doute reste à lever concernant la 9ème muse, Uranie. Contrairement a ce qui a pu être dit, il n’y a jamais eu de 9ème sculpture. La muse de l’astronomie n’a tout simplement pas été réalisée, à défaut de place sur le fronton de l’Opéra, comme l’atteste Trois siècles d’opéra à Lyon.

Rappelons que la reconstruction complète du « Grand Théâtre » - tel qu’il est appelé à l’époque – se fait sur les plans d’Antoine-Marie Chenavard et Jean-Marie Pollet (ce dernier cédant sa place à la fin de l’année 1831).

L’ouvrage décrit la façade à la date de son inauguration, le 1er juillet 1831 :

L’extérieur du bâtiment est constitué de deux étages. La façade principale comprend sept arcades surmontées par sept grandes baies encadrées par des colonnes encastrées qui ne sont d’ailleurs pas encore cannelées. Le tout est surmonté d’un attique sur lequel Chenavard a prévu les statues des huit muses des arts… lesquelles ne seront installées que trente ans plus tard ! ». p. 104 (…)

En 1862, on se décide à terminer la façade : cannelage des colonnes et surtout pose des statues prévues sur l’attique dès l’origine. C’est d’ailleurs Chenavard qui est chargé des travaux et qui établit un « devis estimatif de huit statues à exécuter pour le couronnement de la façade du Grand-Théâtre de Lyon » [daté du 1er mai 1862 et consultable aux Archives municipales de Lyon], précisant qu’elles auront 3 mètres de haut, seront en pierre et payées 3750 francs l’une. Les huit muses sont finalement placées sur leur socle en juillet 1863". p.107

Dépose d’une muse
Fonds Lyon Figaro
Lyon a cependant accueilli une statue d’Uranie, édifiée antérieurement, pour orner la colonne du Méridien, construite sur l’ancienne place des Cordeliers. La Revue du Lyonnais fournit l’historique de cette construction et le récit des mésaventures de la statue qui, elle, fut réalisée mais finit étêtée : voir.

Les muses ont été périlleusement déposées lors de la rénovation de l’Opéra. En 1986, un concours est organisé et l’heureux élu de cette compétition devait au départ simplement le remettre aux normes. Jean Nouvel remporte le concours ; les premiers travaux débutent en 1989 et terminent en 1993 où l’opéra Nouvel (de Lyon) est inauguré le 14 mai 1993.