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Orgeret, une histoire d’édition lyonnaise

Le fonds de la boutique Orgeret a été acquis en 2004 par la BML. C’est également l’année où cette librairie musicale a fermé. Depuis 1872, cinq générations d’une même famille s’étaient succédé à sa tête. Les Orgeret étaient également éditeurs. Jean-Marie, de 1866 à 1931, alors que le magasin était situé au 72 passage de l’Argue, puis son fils Max, de 1930 à 1950, qui transféra le magasin au 24 rue Palais-Grillet, ont édité 30 000 partitions, fables, sketchs, monologues et pièces, dont la majorité est aujourd’hui conservée par la bibliothèque avec toutes les archives de l’entreprise.

Ce fonds est un considérable témoignage de l’art populaire lyonnais. De nombreux artistes locaux doivent la postérité aux Orgeret. Citons le compositeur Félix Antonini, l’humoriste Benoist-Mary, le dessinateur Emmanuel Cocard, ou l’auteur de pièces de Guignol Albert Chanay, parmi bien d’autres. Mais ce fonds est également d’une importance de premier plan pour qui s’intéresse à l’histoire de l’édition. Nous disposons de tous les maillons qui menaient un manuscrit à l’édition finale. Cela comprend notamment une colossale collection de matériel typographique illustrant les méthodes d’impression et de diffusion d’avant la numérisation et Internet.

Les typons, au nombre de 1664 répartis dans 144 boîtes, se divisent en deux catégories. Les plus nombreux sont ceux sur lesquels une illustration ou une partition est retranscrite. Il s’agit de plaques en zinc clouées sur du bois. La gravure se faisait à l’acide nitrique.

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Ensuite viennent les clichés, principalement des portraits d’artistes, reproduits par similigravure. La similigravure est la transformation d’une photographie en « trame », c’est-à-dire un réseau plus ou moins dense de points opaques.
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3 autres procédés de reproduction constituent une part non négligeable du fonds :
Les plaques d’étain, souples et travaillées suivant la technique de la taille douce (avec un burin). Elles servaient à obtenir l’épreuve en négatif de l’œuvre. Il y en a 115 réparties dans 6 boîtes.

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Les caractères mobiles en plomb. La lettre en relief figure sur une extrémité. Ils sont fondus en lignes grâce à une machine appelée linotype.
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3 pierres lithographiques enrichissent également le fonds. Elles servaient à l’impression de certaines couvertures. Contrairement à ce qui précède, ce n’est pas de la gravure. Les « pierres litho » sont poreuses, on dessine dessus avec des crayons spéciaux à base de savon et d’huile. L’encrage se fait au rouleau et adhère uniquement sur le crayonné, le reste est chassé à l’eau. Le dessin peut alors être reporté sur papier.

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Pour rentrer dans le détail de l’impression telle qu’elle se pratiquait autrefois, en complément d’une visite salutaire au musée de l’imprimerie on consultera avec intérêt les ouvrages Comment on imprime, de G. Baudry et R. Marange (éditions Dunod) et L’imprimerie, de Gérard Martin (Presses universitaires de France, coll. Que sais-je ?)

Exemple de manuscrit, épreuve sur calque et édition finale :

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