Jean-Claude Matthey

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Mort aux Vaches...

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Mort aux Vaches...

affiche réalisée pour les Etats généraux de la culture d’après une affiche originale de l’auteur réalisée en 1994, 1996.
affiche 92x 65, sérigraphie (collection de l’auteur)

Un copain qui fait de la jongle dans les rues grenobloises se fait ennuyer par la police. Alors qu’il décide d’aller tester l’hospitalité des rues lyonnaises, son ami Jean-Claude cogite. «  Il ne faut pas se laisser faire ! ». Lorsque le saltimbanque revient à Grenoble, l’affiche est sur la table à sérigraphier. Elle fera le « tour du monde » : c’est l’avantage des métiers itinérants. Puis sera réédité en 1996, à l’occasion des états généraux de la culture.

Les états généraux de la culture

Jean-Claude Matthey a travaillé comme animateur socio-culturel à la Maison pour tous du quartier Paul Mistral, cité populaire au sud-ouest de Grenoble. Dans les années 1990, il a gardé contact avec les jeunes de la cité qui n’hésitent pas à passer à l’atelier des Clots lorsqu’ils pêtent un plomb. Au cours des ans, il a assisté impuissant à l’effondrement de l’animation socio-culturelle dans le quartier. Accompagné de son ami Amazigh Kateb, chanteur des Gnawa diffusion, il décide de lancer ses propres Etats généraux de la culture sans demander l’aval de quiconque, et d’envoyer une bonne claque à l’immobilisme ambiant avec le Collectif pour la Liberté de l’Action Culturelle créé pour l’occasion. L’action s’organise dans la cité avec la complicité de la Maison pour Tous et de tous ceux qui le souhaitent. Le gymnase se transforme en forum où chaque intervention est filmée. Pour l’occasion, Jean-Claude Matthey réalise une série d’affiches, du manifeste grand format façon placard mural aux petits visuels chocs avec slogans coup de poing. « Je n’y étais pas allé avec le dos de la cuiller. »

Si le jour J le représentant de la municipalité n’est pas très à l’aise sur le podium, l’évènement rencontre les faveurs de l’adjoint à la culture de l’époque, dans le bureau duquel une affiche des Etats généraux se retrouve en bonne place, ainsi que l’apprendra son auteur de la bouche d’amis qui auront l’occasion d’y passer ; car Jean-Claude, quant à lui, n’aura pas cette chance.

Les Etats généraux de la culture se déroulent du 30 avril au 1er mai 1996, à la Cité Paul Mistral à Grenoble. Une affiche sérigraphiée revient sous forme de profession de foi sur les intentions de Jean-Claude Matthey et Amazigh Kateb :

« Trop d’artistes dans cette agglomération vivent dans la misère, pendant que les moyens votés par les différentes assemblées sont accaparés par une minorité privilégiant une culture pour l’élite. Pas d’atelier pour ceux qui veulent peindre ou sculpter. Pas de salles de théâtre pour des jeunes troupes qui travaillent, pendant que d’autres - parfois fictives - touchent subventions, salles et moyens logistiques. Les musiciens courent de local de répétition en local de répétition, les cafés qui les accueillent se prennent des fermetures administratives, et les saltimbanques dans les rues subissent les gardiens de l’ordre et de la sécurité. Pas de lieu pour travailler. Pas de lieu pour se produire. Les rares lieux de culture dans cette agglomération sont des endroits réservés à certaines catégories sociales. Pour le reste de la population c’est l’écran de télé, l’après-midi dans les grandes surfaces et les pubs 4m x 3m sur les abords des bretelles d’autoroutes. Il n’y a aucune structure pouvant recevoir un groupe de musique, une pièce de théâtre, un film ou une exposition dans des conditions correctes pour le public et pour les artistes à la cité Paul Mistral ! »

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<Visite guidée de Jean-Claude Matthey - à propos de Mort aux Vaches :