Le Fonds chinois

Le fonds Michel Soymié

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Michel Soymié
(1924-2002)

Spécialiste de littérature et de religions populaires chinoises ainsi que d’iconographie religieuse, directeur d’études à l’École pratique des hautes études (ÉPHÉ), directeur de l’équipe mixte ÉPHÉ-CNRS sur les manuscrits de Dunhuang, Michel Soymié est l’un des meilleurs sinologues de sa génération.

Diplômé de chinois (1947) et de japonais (1952) à l’École des langues orientales, licencié ès lettres, il entre au CNRS comme stagiaire (1951-1952) puis devient attaché de recherches de 1953 à 1956. Il effectue deux séjours au Japon où il passe neuf ans de 1957 à 1959, puis de 1960 à 1966 : à Tôkyô, comme pensionnaire à la Maison franco-japonaise, et à Kyôto et Tôkyô en tant que membre de l’École française d’Extrême-Orient.

De retour en France, il est nommé directeur d’études à la IVe section de l’ÉPHÉ, à la chaire « Histoire et philosophie de la Chine médiévale ». Il occupe cette fonction jusqu’en 1992. Il fonde en 1973 une équipe de recherche mixte (ÉPHÉ-CNRS) sur les manuscrits de Dunhuang, qu’il dirige jusqu’en 1985 dans le but de mener à terme la rédaction du Catalogue des manuscrits chinois de Dunhuang (fonds Pelliot chinois de la Bibliothèque nationale). Avec son équipe, il rédige les notices des reproductions de peintures chinoises des collections du Musée Guimet.

Sa bibliothèque personnelle, donnée à la BML par sa veuve, Nicole Soymié, couvre les domaines privilégiés de ses recherches sur la Chine classique : religion populaire, littérature, panthéon syncrétique des religions populaires, bouddhisme, taoïsme, mais aussi l’histoire, l’iconographie et la paléographie de Dunhuang.

Le fonds Michel Soymié enrichit les collections de la BML sur la Chine d’avant 1911. Estimé à plus de 8 000 volumes, il comporte des monographies et des périodiques en langues occidentales, en chinois et en japonais. Cette dernière partie reflète la richesse et les acquis de la recherche sinologique au Japon. Lors de ses séjours, il fréquente inlassablement les libraires du quartier Kandâ de Tôkyô, siège des principales universités de la capitale nippone et important centre du commerce des livres rares et d’occasion.

La collection privée de Michel Soymié témoigne de sa passion pour les bibliothèques. Celle-ci l’a amené à s’occuper des collections de la Société asiatique, à alimenter les collections — notamment japonaises — de la bibliothèque de l’ÉFEO, à mettre sur pied celle de l’équipe sur les manuscrits de Dunhuang ; cette dernière est aujourd’hui la plus riche en Europe dans sa spécialité.

Références bibliographiques

  • Jean-Pierre Drège, « Un sinologue et ses livres : Le Fonds Michel Soymié rejoint les collections chinoises enrichissant ses livres religieux », Gryphe : revue de la Bibliothèque de Lyon, no 9, 2004, p. 37-43.

In memoriam

  • Jean-Pierre Diény, « L’Œuvre de Michel Soymié », Journal Asiatique, vol. 290, no 2, 2002, p. 349-374.
  • Jean-Pierre Drège, « Michel Soymié (1924-2002) », BEFEO, vol. 89, 2002, p. 7-14.
  • Jacques Gernet, « Michel Soymié (1924-2002) », Journal Asiatique, vol. 290, no 2, 2002, p. 341-348.
  • KUO Liying, « Michel Soymié (1924-2002) », Études chinoises, vol. 22, 2003, p. 9-17.

Bibliographie sélective des publications de Michel Soymié

  • « Un Calendrier de douze jours par an dans les manuscrits de Touen-houang », BEFEO, vol. 69, 1981, p. 209-229.
  • « L’Entrevue de Confucius et de Hiang T’o », Journal Asiatique, vol. 242, no 3-4, 1954, p. 311-392.
  • « Le Lo-feou chan : étude de géographie religieuse », BEFEO, vol. 48, no 1, 1956, p. 1-13.
  • « Sources et sourciers en Chine », Bulletin de la Maison franco-japonaise, n. s. vol. 7, no 1, 1961, 56 p.
  • « Ketsunbonkyô no shiryôteki kenkyû » [Étude documentaire sur le sûtra du bassin de sang], Dôkyô kenkyû / Études taoïstes, no 1, 1965, p. 109-166.
  • « Jizô no shishi ni tsuite » [Quelques remarques sur le lion de Ti-tsang], Tôhô shûkyô / The Journal of Eastern Religions, no 19, 1962, p. 37-52.
  • « Notes d’iconographie chinoise : les acolytes de Ti-tsang » - I et II, Arts asiatiques no 14, 1966, p. 45-78 et Arts asiatiques no 16, 1967, p. 141-170.
  • « Les Dix jours de jeûne du taoïsme », dans Yoshioka hakase kanreki kinen : Dôkyô kenkyû ronshû [Mélanges offerts à M. Yoshioka lors de son soixantième anniversaire], Tôkyô, Kokusho kankôkai, 1977, p. 1-23.
  • « Les Dix jours de jeûne de Ksitigarbha », dans M. Soymié (dir.), Contributions aux études sur Touen-houang, Genève, Droz, 1979, p. 135-159.
  • « Un Recueil d’inscriptions sur peintures : le manuscrit P. 3304 verso », dans M. Soymié (dir.), Nouvelles contributions aux études sur Touen-houang, Genève, Droz, 1981, p. 169-204.
  • (dir.), Catalogue des manuscrits chinois de Touen-houang, fonds Pelliot de la Bibliothèque nationale, vol. 3, Paris, Fondation Singer-Polignac, 1983 ; vol. 4 et 5, Paris, EFEO, 1991 et 1995.
  • « Quelques représentations de statues miraculeuses dans les grottes de Touen-houang », dans M. Soymié (dir.), Contributions aux études de Touen-houang, 3, Paris, EFEO, 1984, p. 77-102.
  • « Observations sur les caractères interdits en Chine », Journal Asiatique, vol. 278, 1990, p. 377-407.
  • Jacques Giès (dir.), Les Arts de l’Asie Centrale. La collection Paul Pelliot du Musée national des arts asiatiques-Guimet, Paris, Réunion des musées nationaux, 2 vol., 1994-1995. [Co-auteur et responsable scientifique des notices sur les peintures de Dunhuang].
  • « Trésors de Dunhuang : peintures mobiles et peintures murales », Archéologia, no 317, 1995, p. 60-65.