Tremplin poétique

Bibliothèque de nuit

Un espace pour partager des regards sur la nuit. Vous y trouverez des pistes de lecture suggérés par des bibliothécaires et par notre poétesse invitée Tania Tchénio.

Lu, Vu, Entendu : les ouvrages de poésie chroniqués par les bibliothécaires à retrouver sur l’Influx.

Le choix de Tania Tchénio

Tomas Tranströmer, Baltiques, Poésie Gallimard, 2004

« Sombre cartes postales »
I
L’agenda est rempli, l’avenir incertain.
Le cable fredonne un refrain apatride.
Chutes de neige dans l’océan de plomb. Des ombres se battent sur le quai.

II
Il arrive au milieu de la vie que la mort vienne prendre nos mesures. Cette visite s’oublie et la vie continue. Mais le costume se coud à notre insu.

Henri Michaux, L’espace du dedans, Poésie Gallimard, 1945

« Une tête sort du mur »

J’ai l’habitude, le soir, bien avant d’y être poussé par la fatigue, d’éteindre la lumière.

Après quelques minutes d’hésitation et de surprise, pendant lesquelles j’espère peut-être pouvoir m’adresser à un être, ou qu’un être viendra à moi, je vois une tête énorme de près de deux mètres de surface qui, aussitôt formée, fonce sur les obstacles qui la séparent du grand air.

Jean-Yves Reuzeau, Là où dansent les éphémères, Anthologie, Le Castor Astral, 2022

« Noces d’août »

Tard dans la nuit d’août
l’œil du Taureau rougit.
Prêt à ensemencer la terre.

Il sait qu’on va l’abattre tôt ou tard,
et pas de vache au pacage
de ce côté du ciel.

À quel brasier échappés, ces frelons ?

Moi, si mes pensées brûlent,
Je sais pourquoi.

Philippe Jaccottet

André Rochedy, Ma maison c’est la nuit, Cheyne, 2002

De ses mains qui dansent, elle
tisse une à une les secondes
de silence.
C’est sa manière à elle de tirer
la langue au temps.

Fabienne Swiatly, Un jour je suis passée de nuit, Color Gang, 2018

Equipes de nuit qui ont rejoint le grand paquebot. C’est ainsi que je le vois, le vieux bâtiment posé dans le parc et dans la nuit. Comme un de ces paquebots qu’il m’est arrivé de suivre du regard à Marseille, Calais, Hambourg, Saint-Nazaire, Le Havre ou encore Istanbul.
Tellement impressionnants à rejoindre lentement, mais obstinément, la ligne imaginaire où le sombre de la mer vient se confondre avec celui de la nuit.

Georges Perec, Espèces d’espaces, Galilée, 1974

L’espace semble être, ou plus apprivoisé, ou plus inoffensif, que le temps : on rencontre partout des gens qui ont des montres, et très rarement des gens qui ont des boussoles. On a toujours besoin de savoir l’heure mais on ne demande jamais où l’on est.

Sophie Calle, Les dormeurs, Actes Sud, 2000

J’ai demandé à des gens de m’accorder quelques heures de leur sommeil. De venir dormir dans mon lit. De s’y laisser photographier, regarder. De répondre à quelques questions. J’ai proposé à chacun un séjour de huit heures.... Ma chambre devait devenir un espace constamment occupé pendant huit jours, les dormeurs s’y succédant à intervalles réguliers. Vingt-neuf personnes ont accepté de venir dormir.

Sei Shônagon, Notes de chevet, Gallimard, 1985

18
Choses qui font battre le cœur
Des moineaux qui nourrissent leurs petits.
Se coucher seule dans une chambre délicieusement parfumée.
S’apercevoir que son miroir de Chine est un peu terni.
Une nuit où l’on attend quelqu’un. Tout à coup, on est surpris par le bruit de l’averse que le vent jette contre la maison.

Jean-Pierre Siméon, La nuit respire, Cheyne, 1987

Si tu pouvais voir l’éclat de ton visage
dans la nuit

si tu pouvais entendre
quand tu dors
le bruit de source à tes lèvres

si tu pouvais sentir sur ta joue
le souple frisson de tes doigts

Frédérick Houdaer, Nuit grave, La Boucherie littéraire, 2017

il est tard
très tard
et la rue Hénon conduit à un hippodrome
mal éclairé
où l’on entend des chevaux courir
sans les voir
on sait juste qu’on a parié sur certains d’entre eux
on espère être riche à l’aurore
on se réveille
au moment où l’ordre d’arrivée
est proclamé dans une langue que nous ne connaissons pas

Mélanie Leblanc, Ephéméride, Les Venterniers, 2021

« Décembre »

Vient la grande
la longue
la dévorante
du fond de cette nuit-là
que tout recommencera
décembre de ses cendres
renaîtra

Mélanie Leblanc, Le labyrinthe des jours, Le Castor Astral, 2021

Me voilà revenue au même endroit
encore & encore
de ce labyrinthe je ne vois plus que les murs
les murs trop haut les impasses
me lassent
cette histoire se répète
j’accepte tout
j’accepte trop
c’est un retour
vers les terres des grands-mères
c’est la femme
sacrifice

Bruno Doucey et Thierry Renard, L’Ephémère, Anthologie, Editions Bruno Doucey, 2022

« La véranda »

Dans l’air tiède du couchant
De vives libellules
Dessinent frémissantes
D’élégantes arabesques
Tableau parfait
Jamais achevé

Anne-Fleur Multon, Les nuits bleues, L’Observatoire, 2022

Derrière les fenêtres, le monde ne cesse de disparaître. Alors quand on va se coucher on en invente un dont on est les héroïnes, où le vent est fort, où les odeurs de marées s’accrochent à nos cheveux, un monde nomade où on peut voyager, et se manquer.

Laetitia Cuvelier, Pipi, les dents et au lit, Cheyne, 2015

Un dernier petit tour
Avant d’aller me coucher
Leurs bouches ouvertes
Le désordre de leurs lits
Un pied qui dépasse
Des mèches sur l’oreiller
Une loupe dans sa main
Et une girafe à son chevet
Je ne touche à rien
Et chaque chose me touche.

Charles Juliet, L’Opulence de la nuit, POL, impr.2006

« Lumière d’avant-printemps »

cet instant
où je me suis éveillé
au cœur de la nuit

tout reposait
n’était que silence
et la vie ne m’effrayait plus

l’esprit serein

la lueur survenue
suggérait que la traque
avais pris fin

Stéphane Bataillon, Contre la nuit, Editions Bruno Doucey, 2019

J’ai l’idée d’un poème
qui changerait l’abord
du jour qui commence

Qui te ferait sentir
le rayon de lumière
frappant la feuille tombée

Qui te rappellerait
d’une suspension de l’air
la beauté qui se cache

Dans ce tumulte-là.

Anne Desplantez, La première nuit est toujours blanche, Isabelle Sauvage, 2021

Le clocher du village sonne l’heure où les ombres se distendent au sol. Ils sont dix à se retrouver au foyer, tous les jeudis. Un rituel estival, qui rythme cette saison où les jours s’étirent. Il fait particulièrement beau et chaud cette année. Soirée barbecue, saucisses, chips, chamallows grillés, un grand classique qui passe les générations. Ils rient, se bousculent, s’observent, se cherchent. Ensemble, ils basculent. Les garçons discutent entre eux de la nuit dernière, passée sur leur vélo à arpenter les routes entre ici et ailleurs. Du feu de camp qu’ils ont fait pour se réchauffer. Ils rient encore de tout ce que l’on ose la nuit, de tous ces souvenirs qui les lieront les uns aux autres, bien des années plus tard. Mais ça, ils ne le savent pas encore

Le choix de vos bibliothécaires

Edith Azam, Soleil-Oeil-Crépu, Dernier télégramme, 2011

Les étoiles, l’air chaud qui vient de la vallée, pour moi le sommeil impossible. Tu dors la tête sur mes genoux. J’ai posé une main sur ton front, l’autre sur ta poitrine. J’écoute : Les battements. Ça fait un bruit mat, profond, et dans ma tête je te dis : tu fais mon tamtam africain.

Christian Bobin, Noireclaire, Gallimard, 2015

Je t’écris la nuit. Dehors, dans la forêt un chat sauvage rôde, ange au manteau dévoré par les puces.

Mina Loy, Poésie Complète, Now, 2017

De l’écume de la rue blanche
Le vent empaille mes poumons et mes narines
Oiseaux ragaillardis
Qui prolongent le vol au sein de la nuit
Et n’arrivent jamais

Sophie Loizeau, Caudal, Flammarion, 2013

La pleine lune et la neige ensemble un bijou
d’ingénierie
que dit la voix in naïve
les feuilles mortes disparaissent par enchantement

Mahmoudan Hawad, Furigraphie, Gallimard, 2017

Deux silhouettes,
énigmes noires stèles
larmes nostalgiques
gouttelettes semence
couple voyageur
accroupi autour
des braises de la dualité
rivées dans le pan de la nuit
Nuit décortiquée
déserte
que la main du silence
et la légèreté du vent
caressent
Falaises célestes

Jacques Roubaud, Octogone, Gallimard, 2014

Elles sont pour moi le Silence Sceptique (je ne les comprends pas ainsi, je les pose). Dès qu’elles touchent la nuit, dès que commence l’obscurité, elles fouillent, frémissent, effacent. Mais sans elles la nuit ne serait pas touchée, ni l’obscurité reconnue, encore moins effective. Lumières, où partout entre du vide.

René Char, Le Nu perdu, Gallimard, 2004

« Le chasse-neige »

Dans la moelle épinière du Temps d’où irradie l’amour, nous célébrons de l’amour la fête éminente, minuit blanchi par ses douze douleurs.

Haiku, Anthologie du poème court japonais, Gallimard, 2021

Toute la nuit
sous la lune ronde
à faire le tour de l’étang

Matsuo Bashô

Charles Juliet, Approches, Fata Morgana, 1989

un temps
j’ai renoncé
rebroussé chemin
cédé aux forces
de la nuit

et maintenant
alors qu’a sombré
l’espoir de la faire sourdre
je sais enfin
en quoi consiste
la lumière

Olivier Barbarant, Un grand instant, Champ Vallon, 2019

Je n’ai rien oublié ni la hauteur des arbres
Ni le silence sur l’avenue avec ses façades effacées par la
la nuit

Franck Venaille,C’est à dire, Mercure de France, 2012

Egaré dans la nuit
dans ce qui est

l’obscur complet
j’avance lentement

me tenant par la main

Sandro Penna, De la gourmandise, Ypsilon.éditeur, 2009

Nuits d’août parmi les constellations
de garçons, furtifs sur le rivages :
moi sans astronomie
je te trouve sans erreurs, mon étoile.

Franck Doyen, Champs de lutte, Aencrages & Co, 2014

Craindre la nuit
dans un glapissement de chien-loup

hurler égorger
boire le sang lourd
des arbres et des roches
abandonner
jusqu’aux plis du corps
avaler la terre
par tous les trous

à bout de bras
les restes de vous-même
se liquéfient

Adonis, Célébrations, éditions de la différence, 1991

Pourquoi cette nuit-là ai-je senti
que le ciel est la lyre de la nuit
et que les étoiles sont ses cordes cassées
Est-ce parce que j’ai dormi seul

Anna Akhmatova, Le Roseau, Harpo &, 2007

Par les hautes portes,
Par les marais de l’Okhta,
Par une route vierge,
Par le pré non fauché,
Par le fil de la nuit
Sous le tintement pascal,
Toi importun,
Toi non promis,—
Viens dîner avec moi.

Xavier Villaurrutia, Nostalgie de la mort, José Corti, 1991

« Nocturne à la statue »

Rêver, rêver la nuit, la rue et l’escalier,
Le cri de la statue, ne trouver que le cri,
Vouloir toucher ce cri, ne trouver que l’écho,
Vouloir saisir l’écho et rencontrer le mur
Et courir vers le mur et toucher un miroir.

Philippe Jaccottet, A la lumière d’hiver, Gallimard, 1994

Mais chaque jour, peut-être, on peut reprendre
le filet déchiré, maille après maille,
et ce serait, dans l’espace plus haut,
comme recoudre, astre à astre, la nuit…

Louise Glück, L’iris sauvage, Gallimard, 2021

« Une œuvre de fiction »

Alors que je tournais la dernière page, après de nombreuses nuits, une vague de tristesse m’a submergé. Où étaient-ils tous partis, ces gens qui m’avaient semblé si réels ? Pour me distraire, je suis sorti marcher seul dans la nuit ; instinctivement, j’ai allumé une cigarette. Dans l’obscurité, la cigarette brillait, comme un feu allumé par un survivant. Mais qui verrait cette lumière, cet infime point au milieu des étoiles infinies ? Je suis resté un moment dans l’obscurité, la cigarette brillait et devenait de plus en plus petite, chaque respiration me détruisant patiemment. Comme c’était petit, comme c’était bref. Bref, bref, mais en moi maintenant, ce que les étoiles ne pourraient jamais être.

Audre Lorde, La Licorne noire, L’Arche, 2021

Se rencontrer

Femme lorsque nous nous sommes rencontrées au solstice
Là-haut à mi-chemin entre ton monde et le mien
Auréolées par la pleine lune et fini les excuses
Tes poils roux me brûlaient les doigts tandis que j’entrouvrais
Goûtant ta fraise jusqu’à ta jouissance
Et j’ai oublié de te dire
Je t’ai entendue m’appeler à travers ce pays
Dans mon sang avant notre rencontre
Et je t’accueille à nouveau
[…]

Jean Sénac, Œuvres poétiques, Actes Sud, 2019

Je suis caché sous ta paupière
Reste en ta nuit
Reste en ma nuit
N’ouvre pas tes yeux Cerne Rêve Que je vive un
instant encor.

Antoine Emaz, Sauf, Tarabuste, 2011

dans la nuit qui vient
le blanc passe bleu

peu à peu l’ombre monte
il reste moins
à voir à fixer
dehors

le regard se perd

Omar Khayyâm, Cent et un quatrains, La différence, 1997

La caravane pressée
de nos jours, comme elle passe !
Ne laisse pas s’effacer
l’instant de plaisir qui passe.
Du lendemain des convives
que tu soucies-tu, ma belle ?
Vite incline la bouteille
et buvons, car la nuit passe.

Frédéric Forte, Nous allons perdre deux minutes de lumière, POL, 2021

je ferme les yeux et c’est étrange parce que depuis Berlin un autre A. m’écrit ce soir les étoiles sont en panne de lumière un deuil peut-être et puis gute nacht.
Cassini s’est abîmée dans Saturne. on sort pour rien les parapluies. il pleut et il ne pleut pas.

Ossip Mandelstam, Tristia et autre poèmes, Gallimard, 1982

Lorsque paraît la lune citadine sur les places
Et la ville assoupie s’en illumine lentement,
Et la nuit s’épaissit, pleine de cuivre et de mélancolie,
Et la cire mélodieuse au temps cruel fait place ;

Raymond Carver, Poésie, vol.9 des Œuvres complètes, Editions de l’Olivier, 2015

« Demain »

Fumée de cigarette suspendue
dans l’air du salon. Les lumières du navire,
au large sur l’eau, pâlissent. Les étoiles
font des trous brûlants dans le ciel. En devenant cendre, oui.
Mais ça va, c’est ce qu’elles sont censées faire.

Laura Kasischke, Mariées rebelles, Points, 2016

dans la petite ville de cette nuit
une enseigne de barbier fait tourbillonner à l’infini
ses rayures
dans le noir et là aussi
tu passes devant.

Louis Calaferte, Nuit close, fourbis, 1988

Je vide le ver de la nuit
Les grandes routes sont invisibles

Frédérick Houdaer, Nuit grave, La Boucherie littéraire, 2017

il y a bien trop d’horloges
et de pendules
et de montres en marche
dans les appartements
et aucune d’entre elles
ne sert à grand-chose
à minuit

Richard Brautigan,C’est tout ce que j’ai à déclarer, Castor Astral, 2016

La lune
c’est Hamlet
descendant
à moto
une route obscure.
Il porte
un blouson
de cuir noir et
des bottes.
Je n’ai nulle part où aller.
Je vais rouler
toute la nuit.

Valérie Rouzeau, Vrouz, La Table ronde, 2012

Rencontrez l’âme sœur sans payer jusqu’à dimanche
23h59 ensuite c’est impossible
Les coups de minuits sonnent vous rentrez en citrouille
Un pied nu dans le froid de la nuit d’hiver longue

Sylvia Plath, Ariel, Gallimard, 2009

Si la lune souriait, elle te ressemblerait.
Vous laissez la même drôle d’impression
De beauté et de quelque chose de mortel.

Katerina Apostolopoulou, J’ai vu Sisyphe heureux, Bruno Doucey, 2020

Ici
Et là-bas
Je tourne avec la terre et les étoiles
Je dors dans vos sourires.

Typhaine Garnier, Configures, éditions Lurlure, 2021

On s’est connus dans la caverne
les copains vaquaient par la plaine
le dieu avait mugi là-haut
boum par terre tous les poteaux
le grognon nous jette des cieux
des grêlons gros comme des œufs
de rhino sournois nous accule
tout transis en diverticule
jusqu’au puits la nuit était nue
et ne voyais d’autre issue
à mon éréction j’eus l’envie
de me dénuder comme suit

Annie Dillard, Billets pour un moulin à prières, Héros-Limite, 2020

Sur quel vent étincelan
dieu est-il descendu ?
Oscillant sous la neige,
titubant avec précision,
la mousse étoilée se délecte,
ravie.

Aurélia Declercq, Rikiki, éditions de l’Attente, 2021

Tu dis ça, le noir nous tombe dessus, vraiment ça me fait rire, tomber dessus, seconde chute ou la prochaine, je te dis d’arrêter avec ces termes, de suite, d’arrêter avec ces nœuds, la nuit ça craint pas, la nuit c’est pas une crainte ça nous tombe pas dessus. De dedans l’oiseau roucoule encore.

Edith Azam, Bestiole-moi Pupille, La tête à l’envers, 2020

Trois heures matin
Pupille somnambule
et travers la pièce.
L’espace a disparu
l’espace s’apparaît
comme une paroi inventée.

Anna Serra, Je suis amoureuse, Lanskine, 2020

mon ambition c’est d’être la nuit qui cueille le sexe
du chaos
c’est de faire bander le chaos sur ma langue
de faire des tours avec ma langue dans la bouche
où je tiens serré le chaos
et avec la main qui me reste
j’arrache la tête d’un canard

Kae Tempest, Etreints-toi, l’Arche, 2021

Ce soir, tu le vois à une fête,
qui gesticule dans le vide,
un môme l’a récupéré en chemin.
A pensé que ce serait marrant.

Il est debout souriant de bien trop près,
dansant comme le faisaient les anciens.

Etel Adnan, L’apocalypse arabe, Galerie Lelong & Co

La nuit du Grand Inca n’a pas lieu. Avions sans moteurs. Soleil éteint.
Pêcheurs sans barques poissons sans mer barques sans poissons mer sans pêcheurs
Fusils aux fleurs fanées Che Guevara réduit en poussière. Pas d’ombre.