Les rendez-vous des bibliothèques municipales de Lyon

Exposition - Arts - tous publics

Alep 1915... Témoignages

Photographies de Rajak Ohanian

Du jeudi 5 mars 2015 à 13h00 au samedi 16 mai 2015 à 19h00 - Fondation Bullukian

Exposition organisée par la Bibliothèque municipale de Lyon en partenariat avec la Fondation Bullukian et le Centre National de la Mémoire Arménienne, dans le cadre de la commémoration du centenaire du génocide des Arméniens.

POUR SON PÈRE ET L’ENSEMBLE DES VICTIMES DES GÉNOCIDES

Rajak Ohanian pensait mener un projet éminemment intime en se rendant à Alep pour retrouver les traces de l’orphelinat où son père Garo (Garabed), déporté en Syrie pendant le génocide des Arméniens, fut recueilli. « Je suis allé en Arménie et en Turquie mais je ne trouvais pas de thème, de fil conducteur satisfaisant. J’ai pensé à mon enfance et à tout ce qui l’accompagnait, mes parents, leurs amis. Décines était un lieu extraordinaire. Ces gens avaient réussi à sauver leur vie. J’ai voulu remonter à une source, et, de là, rappeler leur trajet. »

Mais ce qu’il nous donne à regarder, à déchiffrer derrière des phrases denses de philosophes et d’historiens dont la crédibilité est reconnue (Y. Ternon, Levinas, Vidal-Naquet...), de documents historiques ou de rapports d’ambassades de pays neutres ou engagés du côté turc pendant la Première Guerre mondiale qui hachurent ses images, c’est le temps témoigné d’un génocide comme la tentative de sauver de l’oubli l’ensemble des victimes de la barbarie humaine.

« Ce n’est pas un hommage que je rends, c’est une dénonciation. La question essentielle que je me pose c’est pourquoi, un enfant d’environ onze ans, se retrouve perdu à Alep loin de chez lui, en dehors de sa famille… Pourquoi ? Au nom de quoi ? C’est la question ! Et c’est la question que l’on peut se poser : pourquoi les Arméniens ont été massacrés ? Tout cela entraîne forcément un flot d’autres questions. »

Comme à son habitude, l’artiste nous livre sa traversée du temps par le traitement en noir et blanc de ses photographies, en grand format. La superposition de ces témoignages et de ces images d’un présent proche est bouleversante lorsque l’on réalise qu’Alep, une des plus vieilles villes du monde, est elle aussi en train de disparaître. Parti d’un travail personnel, Rajak Ohanian réalise une oeuvre universelle, nous rappelant avec précision et attention la fragilité des choses. Il aura fait sienne l’idée que c’est toujours sous un mode particulier, en un lieu et en temps déterminés, que prend forme et s’exprime l’universalité du genre humain.

« Ce voyage à Alep est une approche photographique de l’homme et de ses origines. Chaque génération fait que l'histoire de l'homme re-commence. Traces de mémoire, ce travail re-trace un parcours tant personnel que collectif. J'essaie d'écrire là, ma mémoire, au présent. »

RAJAK OHANIAN - PHOTOGRAPHE ?

1954, Rajak Ohanian fait ses premières photographies de théâtre avec Roger Planchon au Théâtre de la rue des Marronniers à Lyon. C’est le début d’une collaboration au théâtre qui va s’étendre jusqu’en 1977. À la même époque, il entre à l’agence Rapho (Paris) et continue une série de portraits, entamée dès les années 1960 avec Gaston Bachelard. En 1959, des amis gitans de Décines lui font découvrir leur rassemblement aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Pendant dix ans, il y retournera chaque année, jusqu’à que la pénurie d’essence de Mai 1968 mette fin à cette aventure.

« Les fils du vent » est son premier travail où se précise son regard sur l’homme et les communautés. À New-York et en Algérie, il fixe la trace des formes passagères de l’existence humaine. Mais à l’aube des années 1980, des problèmes de santé l’obligent à être hospitalisé à Dijon. Une réflexion s’engage alors sur la forme de sa photographie. Pendant sa convalescence il trouve, dans le calendrier des P.T.T de la Côte d'Or, un petit village de 44 habitants. Il s’installe dans l’école et y reste deux ans. Il expose « Portrait d’un village – Sainte-Colombe-en-Auxois » à l'Auditorium de Lyon, au musée de la vie bourguignonne à Dijon, au Mois de la photographie à Paris, les corps et les visages faits de la terre et de la pierre d’un village de Bourgogne… ou d’ailleurs ! Car loin de tout pittoresque, c’est bien la race d’une mémoire qui se pose à travers l’humanité saisie par Rajak Ohanian.

Suivront d’autres séries : « Notes Vénissiannes - Portrait d’une banlieue » en 1983 et « Portrait d’une P.M.E » en 1999, acquise par la Cité Nationale de l’Histoire de l’immigration (CNHI), sans oublier « À Chicago - Portraits d’une ville » entre 1987 et 89 (16 photos, 3 m x 3,5 m) dans laquelle il dresse le portrait de la capitale mythique du Blues, des révoltes ouvrières, de Capone et de l’architecture.

Il s’installe en 1990 en Bretagne puis dans les Cévennes pour travailler sur « Métamorphoses I » et « Métamorphoses II ». De l’origine de l’homme, il se tourne du coté du minéral, de l'eau et du végétal, qui deviennent ses axes de travail pendant quelques années, sans arrêter pour autant les portraits…
Vartan Ohanian

Mardi 10 mars à 18h30 / Vernissage de l’exposition en présence de Rajak Ohanian

Une exposition proposée par la Bibliothèque municipale de Lyon en partenariat avec la Fondation Bullukian et le Centre National de la Mémoire Arménienne, dans le cadre de la commémoration du centenaire du génocide des Arméniens.

Infos pratiques

Ouverture du mardi au samedi de 13h à 19h
Entrée libre

  • Visites commentées : les samedis 14 et 21 mars, les samedis 4 et 18 avril et le samedi 16 mai 2015 à 16h / Durée 1h / Visites menées par Katia Boudoyan, historienne et directrice du Centre National de la Mémoire Arménienne / Entrée libre, rendez-vous dans l'exposition.
  • Visites pour les groupes : scolaires ou hors scolaires / sur rendez-vous. Réservation : 04 72 52 93 34

  • Condition d'accès

    Entrée libre dans la limite des places disponibles
    Gratuit

  • Lieu

    Fondation Bullukian
    26 Place Bellecour - 69002 Lyon

  • Renseignement

    04 72 52 93 34

Partenaires

  • Fondation Bullukian

    Fondation Bullukian

    Créée il y a trente ans, la Fondation Léa et Napoléon Bullukian est une fondation reconnue d’utilité publique. Fidèle au testament de son fondateur, elle poursuit depuis sa création trois objets essentiels : la recherche en santé et plus particulièrement les recherches sur le cancer, la culture et plus spécifiquement l’aide aux jeunes artistes et le soutien aux œuvres sociales arméniennes.

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  • Centre National de la Mémoire Arménienne

    Centre National de la Mémoire Arménienne

    Articulé autour de trois vocations (base documentaire et pôle de conservation spécialisés en histoire et cultures arméniennes ; études et recherches sur la diaspora arménienne et l'interculturalité ; activités en direction du public, notamment scolaire, à travers des rencontres, ateliers, conférences et expositions), le Centre National de la Mémoire Arménienne est un nouvel acteur culturel de l’agglomération lyonnaise à rayonnement régional et national. Sa philosophie pourrait être illustrée par l’expression : “rester soi en devenant autre“ qui est le meilleur gage d’une capacité vivante de création culturelle.

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