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Stanislas Rodanski

Patrice Béghain, le 12/05/2012

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L’article que Patrice Béghain consacre à Rodanski dans le Dictionnaire historique de Lyon commence par ces mots, « S’il est avéré que le poète… », sous-entendant d’emblée que beaucoup d’autres choses, encore aujourd’hui, ne sont pas avérées, que des incertitudes subsistent sur sa généalogie, ses ascendants, même si son ancrage lyonnais est indéniable. Et cet article se clôt presque sur ces mots, « Rétrospectivement, le silence volontaire de Rodanski donne au Lyon des années 1950-1980 une densité et une intensité neuves. Pour un peu, de ces années-là, on n’entendrait plus que lui. » « j’ai été marqué par les lieux où j’habite et […] j’habite des lieux marqués », Rodanski aurait pu ajouter qu’il a marqué les lieux qu’il a habités. Le Lyon de Rodanski serait-il, sous son regard et sous sa plume, un Lyon surréaliste ? Peut-on établir un parallèle entre le Lyon qu’il décrit dans Cours de la Liberté, un texte des années 1946-1947, et le Piéton de Paris d’Aragon ou Nadja et L’Amour fou d’André Breton ? Parmi les choses avérées, on sait qu’il s’était inscrit à l’école des Beaux-Arts de Lyon à 19 ans, bien qu’attiré par l’écriture. Qu’il a lu le premier Manifeste du surréalisme. En 1947, par l’intermédiaire de son ami le peintre Jacques Hérold, il a rencontré André Breton, tout juste rentré des États-Unis, qui cherchait à reconstituer à Paris le « Groupe ». Il en est devenu membre la même année, a signé le manifeste collectif « Rupture inaugurale » et a participé à la grande exposition éponyme organisée par Breton à la Galerie Maeght. Il s’est alors lié d’amitié avec Julien Gracq. Il a fait partie d’un petit groupe de jeunes gens qui visitaient régulièrement le peintre Victor Brauner, dans l’atelier duquel ils ont créé la revue Néon, premier organe surréaliste d’aprèsguerre. Rodanski en a trouvé le titre. Il y a publié ses premiers textes. Mais il a été exclu du groupe à la suite de l’un de ces différends fréquents à l’époque, accusé par Breton de « travail fractionnel », lui-même prenant parti pour Brauner. Les tensions ressenties dans le groupe l’ont déçu. Cette rupture l’a affecté durablement. Dès lors il n’a cessé de faire des allers-retours entre Lyon et Paris et a semblé progressivement perdre amis et repères. La vie, l’œuvre, la moindre citation de Rodanski sont autant de questions. Ainsi de : « Nous allons faire une promenade : prenons le cours de la liberté. C’est le seul de tous les chemins qui ne mène pas à Rome. Il va beaucoup plus loin, une fois qu’on s’y est engagé il faut s’y tenir de toutes ses forces pour ne pas s’égarer – et pourtant on ne sait pas où il mène… » « Et il faut encore dire aux assis qu’il n’y a pas de cul-de-jatte de naissance, il faut à tout prix que ceux qui défrichent dans la forêt le sentier de la vie apprennent que le surréalisme est une cause libre au cœur des hommes qui marchent. Fanal de Maldoror, où guides-tu nos pas ? » Aux énigmes que posent Rodanski et son oeuvre, cette exposition et cette conférence risquent des réponses.

Intervenants

  • Patrice Béghain, professeur agrégé de Lettres classiques. Il a été directeur régional des Affaires culturelles de trois Régions, délégué général de la FEMIS, administrateur de l’École d’architecture et du paysage de Bordeaux, conseiller technique aux politiques interministérielles et territoriales dans le cabinet de Catherine Tasca, adjoint au maire de Lyon, délégué à la Culture et au Patrimoine, de 2001 à 2008..